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samedi 3 octobre 2009

The final countdown

Quatre jours depuis mon retour à Bordeaux. J'ai retrouvé la maison et je profite de l'espace, de la proximité de la nature, du calme. J'ai retrouvé les amis aussi, et Bordeaux, belle et vivante, mais si petite.

Ce que j'ai engagé à New York ne faiblit pas, mon désir d'emprunter cet autre chemin est toujours aussi vif. Le compte à rebours est lancé, je devrais quitter la maison et la France d'ici cinq semaines.
C'est un départ mais ce n'est pas une rupture, plutôt un mouvement, dans une certaine continuité. Je clôturerai cependant ce blog, l'enjeu est bien la fin de l'intermittence. J'en commencerai un autre.

Je viens de mettre en ligne le diaporama d'une sélection de mes photos au cours de ces six semaines à New York. Un panaché, en attendant un projet. Voir le lien ci-contre dans la rubrique "Voyages et tournage".

Ce soir mon frère joue à La Dibiteri; son groupe a maintenant un manager! Ci-dessous un clip réalisé lors de son dernier concert. Le réalisateur ne s'est pas vraiment concentré sur les musiciens mais l'ambiance est là.

Waters Edge @ Le Lucifer from Seb Farges.

dimanche 6 septembre 2009

Je m'installe

Ça fait longtemps que je n'ai pas utilisé ce blog pour dire des choses personnelles, mais je suis à New York, voici donc quelques nouvelles.

Je suis arrivé voici deux semaines et trois jours. Je n'ai pas beaucoup écrit, ni pris beaucoup de photos, je n'ai pas eu le temps.
En arrivant je n'ai pas supporté les changements brutaux de températures que l'on rencontre ici. Il faisait très chaud, près de 35°, mais les américains sont fans, et c'est peu dire, de climatisation. Le pire c'est dans le métro; au bout de quelques minutes de marche au dehors, on ruisselle, pour s'engouffrer ensuite dans des rames beaucoup trop fraiches, soufflant de l'air glacé; quand on est en sueur c'est formidable. Une sinusite carabinée a donc accompagné mes premiers jours ici.
Puis mon père et mon frère sont arrivés. Mon père a eu 70 ans cette année, ce voyage était son cadeau, et c'était une occasion pour nous trois de passer ce temps ensemble. Nous avons fait énormément de choses. Des musées, des concerts, une comédie musicale à Broadway, un festival de jazz en plein air à Harlem, de longues marches dans la ville, un tour de toute l'île de Manhattan en bateau. Quelques sorties nocturnes aussi avec mon frère; nous avons posé quelques jalons dans des bars du Lower East Side, l'un des quartiers de Manhattan qui bouge le plus.

Au cours de ces dix jours en famille, je n'ai pas beaucoup avancé sur les raisons de mon séjour ici. J'ai donc décidé de le prolonger, et de prendre un appart en sous-location. On en trouve plein sur Craigslist, pour toutes les durées imaginables.
Cet après-midi, alors que depuis mon arrivée je logeais chez une amie à Brooklyn, j'ai quitté le confort de cette situation pour m'insérer un peu plus dans la vie new-yorkaise. Maintenant tout reste à faire, je dois rencontrer différents producteurs, réfléchir à des projets de photos, trouver la meilleure chose à faire pour moi ici, entre ce que je désire et ce qui possible. L'objectif étant bien de rester dans le domaine de l'image, de trouver un poste stable, vraisemblablement dans la production, un poste qui me donnerait du temps, pour continuer notamment à explorer la photographie.
Rompre avec l'intermittence, me confronter à l'autre, et construire.

L'appartement dans lequel je me suis installé est un duplex, au sud-est de l'East Village, avenue C et 4ème rue pour être précis. Le quartier est formidable, très animé, populaire et branché. J'ai fait un tour tout à l'heure, comme il y a un week-end de trois jours (lundi c'est Labor Day, une sorte de premier mai à l'américaine qui marque définitivement la fin des vacances estivales), toutes sortes de gens étaient dans la rue. Sur Tompkins Square, toute proche, une sorte de festival musical; tout autour de la place, des draps blancs accrochés sur les grilles pour des artistes muraux; dans les rues, des familles, des jeunes, des touristes, des blacks, des hispaniques, des russes; un foisonnement de visages, d'identités, de sons, et de tant d'autres choses, dont je suis encore le spectateur.

L'appartement est dans un immeuble moderne, sur deux niveaux. En bas, trois chambres, une salle de bain, une cuisine. En haut, un living room, donnant sur une terrasse privée, et une autre salle de bain (la mienne). Et à tout à fait en haut de l'immeuble, un "rooftop", une énorme terrasse aménagée avec tables, chaises et fauteuils, où tout le monde fait la fête régulièrement.
Mes deux colocataires sont un graphiste, à Los Angeles pour l'instant, et un gérant de bars. Deux gars qui semblent ne passer ici que pour dormir.

Depuis ce soir j'ai pris toute la mesure de ma présence à New York, de l'ampleur des changements qui m'attendent. Ça sonne toujours aussi juste, et c'est très excitant.

mardi 25 mars 2008

Fermer la parenthèse

Le tournage s'est terminé hier soir, aujourd'hui c'était ma journée de rendus. Remercier différents interlocuteurs de la production en Gironde, suivre le rapatriement de l'équipe et des camions à Paris, rendre le matériel loué, des taches que je peux expédier rapidement.
Ce soir la parenthèse TF1 se ferme, la pression se relâche, et comme à chaque fois c'est une sensation de vide qui surgit.
Je n'ai pas l'énergie d'écrire très longtemps, mais je suis heureux de pouvoir reprendre le clavier.
L'accalmie va être de courte durée. Les propositions de tournage sont nombreuses, intéressantes de surcroit. Et mon désir de continuer l'exploration de voies nouvelles est toujours plus fort.
Continuer l'exploration du monde qui m'entoure, partager tout cela.

Malgré la fatigue, extrême, et une certaine appréhension du rythme des mois à venir, ces mots ici sont indispensables ce soir. Après quelques semaines très entouré par l'équipe du tournage, la solitude soudaine est presque angoissante.
Je repense à certaines des rencontres de ce tournage. Il y a des personnes que je commençais à peine à connaître et apprécier, je ne les reverrai sans doute jamais. C'est le propre des tournages. Les relations humaines sont exacerbées par une mission commune intense et difficile, mais se forment pour un temps bien défini.
Cela n'empêche pas pour autant de belles rencontres, de celles qui viennent tout d'un coup réveiller des sentiments endormis.

La vie comme une succession de parenthèses, j'y reviens.
Ces parenthèses je les adore. C'est comme un condensé de vie à chaque fois. Comme un voyage. Ça me grise, ça renforce la sensation d'exister, d'être vivant. Ça donne l'impression de vivre des expériences professionnelles, humaines et intimes, hors du commun, exceptionnelles. C'est presque un shoot.
Dans le même temps, et à fortiori quand la parenthèse se ferme, c'est déstabilisant. Je me dis alors que tout cela ne mène à rien, qu'il faut construire, encore et toujours.
Dilemme de l'intermittence, dilemme de mon existence.