Vendredi 27 février 2009
Seq 1: L'Herbe, le village ostréicole - 17H30
Fin de tournage pour l'équipe 1, sur l'un des bassins à huîtres du village. L'équipe 1 ramène tout son matériel aux camions, et traverse ainsi le plateau de l'équipe 2, en tournage sur la place d'à côté. Méli mélo d'équipes et de roulantes chargées de matos.
Seq 2 : Le rond point de l'Herbe, le lieu de la base technique - 18H00
Nicolas part à Bordeaux avec Xavier, Chemzy et Alain, qui voulait encore ranger, mais bien sûr pas question de faire attendre Xavier, allez on se dépêche Alain. Nicolas revient 10 minutes plus tard, après l'appel de Joan qui vient de trouver sur le plateau de l'équipe 1 l'un des téléphones portables de Xavier, qu'il venait donc d'oublier. Et dire qu'Alain aurait pu ranger un peu plus longtemps. Après cela, Nico doit partir très vite parce qu'il n'a plus beaucoup d'avance sur Marie-Laure et ses passagers, ainsi que sur Eric et Marie-Chantal, personnes dont il doit récupérer les voitures de location à la gare de Bordeaux, après avoir déposé Xavier chez lui et ses deux autres passagers à la gare, pour ne pas faire perdre de temps aux autres techniciens avec leurs voitures à déposer, avant qu'ils ne sautent dans le train.
Julien est parti une heure avant, avec Linda, qui s'impatientait dans sa loge, ayant terminé 10 minutes plus tôt avec l'équipe 2 que ses collègues de l'équipe 1, Marie et Nicky, qui devaient monter eux aussi dans la voiture de Julien, les trois prenant le même train à la gare de Bordeaux.
Seq 3: L'Herbe, le village ostréicole - 18H30
Pendant ce temps, Joan, Mathias et Vincent rangent le plateau de l'équipe 1, puis le plateau de l'équipe 2. Les véhicules de gendarmerie sont renvoyés chez eux. Les allers-retours entre les deux plateaux et le parking des camions, puis du parking des camions vers la base au Rond Point s'enchaînent. Le canal de la régie grésille à mort sur les talkies.
Gael arrive avec la feuille de service, encore chaude. Eh oui, ça tourne à Paris lundi.
Seq 4: Le rond point de l'Herbe, le lieu de la base technique, 19H00
Les équipes partent vers leurs hôtels les unes après les autres. Le rangement du camion régie démarre, ainsi que celui des costumes. On vide entièrement les trois cars-loges, remplis de valises et de caisses de toutes sortes, et de plein de choses bizarres accumulées depuis trois semaines. Dominique et Céline sont là. La nuit vient de tomber. Tout doit rentrer dans ces deux camions, tout ce qui repart à Paris, mais aussi tout ce qu'on doit déposer le lendemain à Bordeaux : une moto de jeu en rade (même Richard, le gars des loges superman en mécanique n'a rien pu faire pour cette pauvre moto martyrisée par un cascadeur et un réalisateur qui s'étaient amusés la veille dans le sable), des tentes pliables, des parasols chauffants, des bagages de réalisateur, du vin de réalisateur, des rollers de réalisateurs, etc...
Seq 5: L'Hôtel des Pins, Cap Ferret - 19H15
Ça chauffe dans la grande véranda de l'Hôtel. Virginie et Florence rangent leurs caisses de dossiers et d'imprimantes.
Framboise, avec la déco, prépare le pot de fin de tournage. On allume déjà des petites lampes sur l'escalier menant à salle. Le punch commence à avoir du goût, allez encore deux doses de rhum, le foie gras s'étale sur les toasts. Un bel ostréiculteur arrive chargé d'huîtres, déjà ouvertes. Il repart très vite. Dommage.
La régie tarde à arriver. Framboise descend les caisses de la production dehors dans la cour, elle est ravie, ça lui rappelle tant de bons souvenirs.
Seq 6: L'Herbe, le village ostréicole - 19H30
Au parking des camions, le rangement avance bien. Le camion machino est fermé, le groupe vient de partir, les électros ont presque fini, seule Hélène, bien seule, rame encore avec ses 300 batteries de caméra et ses 450 moniteurs vidéos à ranger dans le camion caméra.
Le pot au cul des camions bat son plein. Cette fois ce ne sont pas des bières mais des huîtres et du vin blanc glanés dans la journée sur les décors, ah c'est quand même bien cool de tourner chez les ostréiculteurs! C'est le son et les machinos qui régalent.
Merde, David vient de se rendre compte qu'il y a encore le camion de la deuxième équipe à rapatrier à la base à l'entrée du village.
Seq 7: Le rond point de l'Herbe, le lieu de la base technique, 19H35
David revient à la base. Désolé les gars, j'ramène encore un camion, il y a encore de la régie et des costumes dedans.
Les poubelles s'amoncellent au cul des loges, des camions régie et costumes.
Dominique et Céline sont sur le départ. On ferme le camion costume.
David part à l'Hôtel des Pins rejoindre Framboise. Gael, Joan, Mathias et Vincent finissent le rangement.
Seq 8: L'Hôtel des Pins, Cap Ferret - 20H00
Le pot est prêt. La salle scintille, les mets donnent l'eau à la bouche, le punch ne demande qu'à être versé.
Les camions régie et costumes arrivent, on charge le matériel de la production. Nicolas et Julien seront bientôt rentrés de Bordeaux, tout le monde est presque là.
Il ne reste plus qu'à récupérer les pick-up laissés sur le décor, vérifier que les convoyeurs sont bien arrivés pour prendre les camions techniques attendus à Bordeaux, prendre une douche, enfiler un string, et la fête peut commencer.
A minuit, malgré le punch, certains vont déjà se coucher. Gael est déjà parti à Bordeaux pour accueillir tout le monde à la gare le lendemain.
Samedi 28 février 2009
Seq 9: Cap Ferret - 8H30
Premiers départs du Cap Ferret. On profite quelques secondes d'un nouveau matin radieux, la lumière dans les pins et sur le bassin est enchanteresse. Les camions régie et costumes partent en premier, pour être à l'heure à Bordeaux, les régisseurs parisiens, arrivés la veille, sont déjà impatients de faire la route entre Bordeaux et Paris.
Le balai des voitures bat son comble, le bitume du Cap Ferret se demande ce qu'il se passe en cette belle matinée d'hiver.
Julien et Vincent partent avec leurs lots de techniciens, les hôtels se vident.
Seq 10: Bordeaux - 10H00
Les camions régie et costumes arrivent à Bègles. La moto a été laissée chez le loueur, très heureux. On décharge comme prévu du matériel au local de Bègles, les régisseurs parisiens sont maintenant très énervés; ils vont partir avec une demie-heure de retard, ils vont se taper tous les bouchons le soir en arrivant à Paris, ils vont finir à pas d'heure au studio d'Ivry après avoir tout déchargé. Mais comment vont-ils faire pour rattraper le retard pris au départ?!
Tout le monde arrive peu à peu à la Gare Saint Jean.
Vincent dépose ses passagers et sa voiture de location puis enfourche le camion accessoires, amené par Emmanuel du Cap Ferret, Vincent prend lui aussi la route pour Paris.
Gael enjambe les barrières qui cernent la gare en travaux pour récupérer les voitures de tout le monde, faire les pleins, les ramener au loueur, qui n'a presque plus de place dans son parking; mais avait-il oublié le nombre de voitures qu'il nous avait loué?
Mathias et Joan rangent le local de Bègles, Julien part chercher la clef d'une maison, et se prépare à réceptionner les pick-up pour les amener chez un autre loueur.
Seq 11: Cap Ferret - 11H00
David termine sa tournée des hôtels. Il a bu le café avec la déco, puis avec le serveur des Pins, puis avec Michel aux Dunes, qui ne se rappelait plus avec qui il partait. David entame ensuite une longue tournée sur les jolies petites routes sinueuses du Cap, à la recherche des flèches à retirer, les flèches "Pot Gérard", "Cantine", "Base", "Décor 1", "Décor 37", "Equipe 12", gaffées sur des arbres, des poteaux, des poubelles. Et dire que des gens se sont perdus!
Seq 12: Bordeaux - 15H
Fin de journée anticipée pour une partie de la régie. Mais c'est tellement bizarre de se retrouver chez soi en plein jour. On se dit qu'on rêve et qu'en fait il fait nuit, et on va se coucher.
David reçoit un texto du convoyeur; les camions techniques, partis à 6 heures de Bordeaux, sont bien arrivés à Paris.
Epilogue: Rue du cloître, Bordeaux - 20H
David boit un verre chez des amis. Il reçoit un coup de fil de Framboise; Hélène est au parking TSF de la Plaine Saint Denis. Les camions techniques ne sont pas là.
Il appelle le convoyeur.
- Et y sont où mes camions, dis?
- A ben y sont au parking de la SFP, à Bry sur Marne.
- Super, et qu'est ce qui foutent là bas, je t'avais dit TSF TSF TSF, et d'appeler Marie, la régisseuse parisienne, pour voir les détails avec elle!!!
- Ah ben si, mais, mais, mais, y sont à Bry.
David appelle Hélène, elle prend un taxi pour Bry.
20 minutes plus tard, elle arrive à Bry, et bien sûr on ne lui laisse pas le droit d'entrer dans le parking, elle n'a pas ses papiers. Et David prend son petit Iphone, et envoie à la gardienne de la SFP un petit email, mais si, mais si, vous DEVEZ laisser entrer Hélène chercher ses 300 batteries de caméra pour qu'elle puisse les charger dans sa cuisine tout le dimanche.
Après des coups de fil à Framboise, Gael, Marcel le convoyeur, Marie la régisseuse parisienne, David retrouve ses copains et son verre, mais les glaçons ont fondus depuis bien longtemps, il s'en ressert un autre. Mais y bois quoi? Ah tiens je crois que c'est du vin de réalisateur. Si si une bouteille qui reste du pot le même soir qu'on a posé les flèches "Pot Gérard" au Cap Ferret.
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mardi 3 mars 2009
mercredi 13 août 2008
Intermittence et itinérance.
Quatre jours depuis mon retour à Bordeaux. Je tourne un peu rond. Bordeaux est vide. Les amis sont en vadrouille. Je ne suis pas vraiment fatigué mais je manque d'énergie pour partir sur autre chose que le travail. Le désir est assoupi, l'inspiration est floue.
On me propose un long métrage avec Béatrice Dalle, des cours de production dans une nouvelle faculté à Ouarzazate, et aujourd'hui c'est une production bolywoodienne qui m'appelle. Ils voulaient que je démarre demain. J'ai réfléchi pendant deux heures, il y a un mois de tournage prévu dans toute l'Aquitaine avec 55 indiens qui débarquent à la fin du mois. J'ai accepté et je commence la semaine prochaine. Je ne tournerai plus en rond, je tournerai tout court.
Je fais le choix d'enchaîner. Est-ce vraiment un choix? Ça devrait néanmoins me permettre d'arrêter de travailler tout l'hiver. J'envisage une nouvelle traversée des Etats-Unis, toujours d'Est en Ouest, mais par le sud cette fois.
Toujours l'itinérance. En attendant de construire. Pour tenter une autre aventure, peut-être moins intérieure.
Les attentes deviennent plus fortes de jour en jour. C'est un peu long parfois.
On me propose un long métrage avec Béatrice Dalle, des cours de production dans une nouvelle faculté à Ouarzazate, et aujourd'hui c'est une production bolywoodienne qui m'appelle. Ils voulaient que je démarre demain. J'ai réfléchi pendant deux heures, il y a un mois de tournage prévu dans toute l'Aquitaine avec 55 indiens qui débarquent à la fin du mois. J'ai accepté et je commence la semaine prochaine. Je ne tournerai plus en rond, je tournerai tout court.
Je fais le choix d'enchaîner. Est-ce vraiment un choix? Ça devrait néanmoins me permettre d'arrêter de travailler tout l'hiver. J'envisage une nouvelle traversée des Etats-Unis, toujours d'Est en Ouest, mais par le sud cette fois.
Toujours l'itinérance. En attendant de construire. Pour tenter une autre aventure, peut-être moins intérieure.
Les attentes deviennent plus fortes de jour en jour. C'est un peu long parfois.
vendredi 11 juillet 2008
Insatisfactions
Huit jours depuis mon dernier passage sur ce blog.
Je déchante et je m'ennuie.
Le tournage d'Ivul se déroule tranquillement, dans ce vieux manoir cerné de champs de maïs. C'est l'unique décor de notre séjour en Pyrénées Atlantiques, ce qui veut dire rien à faire pour un régisseur, hormis l'intendance de l'équipe, toute petite par ailleurs. Certes ce qui se passe devant la caméra c'est beau, c'est poétique, cinématographique, ça me parle. Mais je ne peux suivre cela que de loin, car je suis loin, finalement, en tant que régisseur, de tous ces moments magiques où les comédiens, le décor et la lumière entrent en scène pour s'imprimer sur la pellicule.
Et puis c'est un peu du 24/24 sur ce tournage. Le plan de travail est bizarrement foutu, on est au manoir toute la journée, avec des pauses de plusieurs heures parfois. On se retrouve ensuite tous ensemble autour de la table, ici dans le jardin, ou au lycée d'Orthez où l'on dort. Film d'auteur, petit budget, conditions court-métrage, ambiance colonie de vacances. Promiscuité constante, intimité réduite.
Donc que ce soit TF1 ou "Ivul", je reste insatisfait.
Je suis caché dans le bureau de Thaïs, une des seules pièces du manoir laissée aux propriétaires. C'est ici que je peux aller sur Internet, rester en contact avec le reste du monde, même si cette fois je n'oublie pas qu'il existe, ce monde, peut-être pas assez d'ailleurs, alors que je devrais faire des efforts pour m'ouvrir un peu plus à l'équipe.
Quelques photos des comédiens du film. Je n'arrive pas à faire autant de photos que je voudrais, manque de motivation, d'objectifs. Ça je vais y travailler dès que possible.


Je déchante et je m'ennuie.
Le tournage d'Ivul se déroule tranquillement, dans ce vieux manoir cerné de champs de maïs. C'est l'unique décor de notre séjour en Pyrénées Atlantiques, ce qui veut dire rien à faire pour un régisseur, hormis l'intendance de l'équipe, toute petite par ailleurs. Certes ce qui se passe devant la caméra c'est beau, c'est poétique, cinématographique, ça me parle. Mais je ne peux suivre cela que de loin, car je suis loin, finalement, en tant que régisseur, de tous ces moments magiques où les comédiens, le décor et la lumière entrent en scène pour s'imprimer sur la pellicule.
Et puis c'est un peu du 24/24 sur ce tournage. Le plan de travail est bizarrement foutu, on est au manoir toute la journée, avec des pauses de plusieurs heures parfois. On se retrouve ensuite tous ensemble autour de la table, ici dans le jardin, ou au lycée d'Orthez où l'on dort. Film d'auteur, petit budget, conditions court-métrage, ambiance colonie de vacances. Promiscuité constante, intimité réduite.
Donc que ce soit TF1 ou "Ivul", je reste insatisfait.
Je suis caché dans le bureau de Thaïs, une des seules pièces du manoir laissée aux propriétaires. C'est ici que je peux aller sur Internet, rester en contact avec le reste du monde, même si cette fois je n'oublie pas qu'il existe, ce monde, peut-être pas assez d'ailleurs, alors que je devrais faire des efforts pour m'ouvrir un peu plus à l'équipe.
Quelques photos des comédiens du film. Je n'arrive pas à faire autant de photos que je voudrais, manque de motivation, d'objectifs. Ça je vais y travailler dès que possible.
mardi 25 mars 2008
Fermer la parenthèse
Le tournage s'est terminé hier soir, aujourd'hui c'était ma journée de rendus. Remercier différents interlocuteurs de la production en Gironde, suivre le rapatriement de l'équipe et des camions à Paris, rendre le matériel loué, des taches que je peux expédier rapidement.
Ce soir la parenthèse TF1 se ferme, la pression se relâche, et comme à chaque fois c'est une sensation de vide qui surgit.
Je n'ai pas l'énergie d'écrire très longtemps, mais je suis heureux de pouvoir reprendre le clavier.
L'accalmie va être de courte durée. Les propositions de tournage sont nombreuses, intéressantes de surcroit. Et mon désir de continuer l'exploration de voies nouvelles est toujours plus fort.
Continuer l'exploration du monde qui m'entoure, partager tout cela.
Malgré la fatigue, extrême, et une certaine appréhension du rythme des mois à venir, ces mots ici sont indispensables ce soir. Après quelques semaines très entouré par l'équipe du tournage, la solitude soudaine est presque angoissante.
Je repense à certaines des rencontres de ce tournage. Il y a des personnes que je commençais à peine à connaître et apprécier, je ne les reverrai sans doute jamais. C'est le propre des tournages. Les relations humaines sont exacerbées par une mission commune intense et difficile, mais se forment pour un temps bien défini.
Cela n'empêche pas pour autant de belles rencontres, de celles qui viennent tout d'un coup réveiller des sentiments endormis.
La vie comme une succession de parenthèses, j'y reviens.
Ces parenthèses je les adore. C'est comme un condensé de vie à chaque fois. Comme un voyage. Ça me grise, ça renforce la sensation d'exister, d'être vivant. Ça donne l'impression de vivre des expériences professionnelles, humaines et intimes, hors du commun, exceptionnelles. C'est presque un shoot.
Dans le même temps, et à fortiori quand la parenthèse se ferme, c'est déstabilisant. Je me dis alors que tout cela ne mène à rien, qu'il faut construire, encore et toujours.
Dilemme de l'intermittence, dilemme de mon existence.
Ce soir la parenthèse TF1 se ferme, la pression se relâche, et comme à chaque fois c'est une sensation de vide qui surgit.
Je n'ai pas l'énergie d'écrire très longtemps, mais je suis heureux de pouvoir reprendre le clavier.
L'accalmie va être de courte durée. Les propositions de tournage sont nombreuses, intéressantes de surcroit. Et mon désir de continuer l'exploration de voies nouvelles est toujours plus fort.
Continuer l'exploration du monde qui m'entoure, partager tout cela.
Malgré la fatigue, extrême, et une certaine appréhension du rythme des mois à venir, ces mots ici sont indispensables ce soir. Après quelques semaines très entouré par l'équipe du tournage, la solitude soudaine est presque angoissante.
Je repense à certaines des rencontres de ce tournage. Il y a des personnes que je commençais à peine à connaître et apprécier, je ne les reverrai sans doute jamais. C'est le propre des tournages. Les relations humaines sont exacerbées par une mission commune intense et difficile, mais se forment pour un temps bien défini.
Cela n'empêche pas pour autant de belles rencontres, de celles qui viennent tout d'un coup réveiller des sentiments endormis.
La vie comme une succession de parenthèses, j'y reviens.
Ces parenthèses je les adore. C'est comme un condensé de vie à chaque fois. Comme un voyage. Ça me grise, ça renforce la sensation d'exister, d'être vivant. Ça donne l'impression de vivre des expériences professionnelles, humaines et intimes, hors du commun, exceptionnelles. C'est presque un shoot.
Dans le même temps, et à fortiori quand la parenthèse se ferme, c'est déstabilisant. Je me dis alors que tout cela ne mène à rien, qu'il faut construire, encore et toujours.
Dilemme de l'intermittence, dilemme de mon existence.
jeudi 14 février 2008
Changement de rythme
Je suis plongé depuis trois jours dans une toute autre réalité, celle, à la fois grisante et quelque peu surréaliste, de mon travail de régisseur sur une série pour TF1. Je parcours la Gironde, pour négocier avec des propriétaires la location de leurs luxueuses maisons, décors que l'on ne verra jamais ou presque à l'image, je parle à tous les prestataires cinéma de la région, "ah ben oui il me faut aussi une loge pour telle comédienne, elle veut la même que tel comédien", "dis-moi, tu sais où je peux trouver des roues en caoutchouc de 50 mm d'épaisseur pour la roulante des machinos?", je vais en Charente pour faire des photos de beaux véhicules de gendarmerie chez un loueur spécialisé, je réserve des hôtels, des restaurants, des voitures, des talkies-walkies, je fais des listes, des plannings, je passe cinq heures par jour au téléphone "ah oui?! il y a 10 personnes qui arrivent demain matin pour une réunion, ben oui bien sûr je vais m'en occuper, je vais trouver des chauffeurs, des chambres, un bureau, un système de projection, ya pas de problème".
Le cinéma c'est formidable.
Et le Crédit Agricole qui finalement hésite à m'accorder un crédit, "vous comprenez, notre direction refuse de prendre en compte vos indemnités d'intermittent pour le calcul de vos revenus, mais ne vous inquiétez pas monsieur, je suis sur votre dossier depuis ce matin, je monte au créneau".
Et à l'instant ces chers picotements urticants qui déroulent leur offensive, juste avant le coucher!
Ah oui, c'est la Saint Valentin.
Le cinéma c'est formidable.
Et le Crédit Agricole qui finalement hésite à m'accorder un crédit, "vous comprenez, notre direction refuse de prendre en compte vos indemnités d'intermittent pour le calcul de vos revenus, mais ne vous inquiétez pas monsieur, je suis sur votre dossier depuis ce matin, je monte au créneau".
Et à l'instant ces chers picotements urticants qui déroulent leur offensive, juste avant le coucher!
Ah oui, c'est la Saint Valentin.
mercredi 16 janvier 2008
L'intermittence et la crise financière internationale
L'obtention d'un crédit immobilier, pour cette échoppe que je souhaite acquérir, commence à ressembler à un feuilleton.
J'avais compris dès le départ que les marges de négociations seraient pour moi assez réduites. Je sais que les banques sont frileuses face à un intermittent, et bien sûr je ne peux garantir à personne des revenus réguliers à long terme. Mais après tout, dans l'absolu, tout salarié en CDI peut être licencié à n'importe quel moment. Je pensais aussi qu'au vu de mon dossier (avis d'imposition de ces dernières années, salaires en 2007, taux d'endettement) je n'aurai pas trop de soucis.
Je viens pourtant d'essuyer plusieurs refus, parfois avant même d'avoir pu présenter les éléments de mon dossier, sous le seul prétexte que je suis intermittent. C'est un peu l'impasse. Mon dernier espoir c'est Meilleurtaux.com, je viens de monter un dossier avec l'un de leurs agents à Bordeaux. S'il trouve une banque plus conciliante et moins chère, j'ai peut-être des chances de faire baisser le taux de ma banque. Car si celle-ci accepte de m'accorder un crédit, elle vient d'augmenter le taux d'emprunt dans sa dernière offre, parce que je n'ai pas encore transmis d'offre concurrentielle sérieuse et officielle.
Sous le conseil d'un ami, et parce que l'on vient d'entendre parler de l'organisme dans l'actualité, je viens de contacter la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Je suis tombé sur quelqu'un de très compréhensif mais sa réponse n'en était pas moins claire, le statut professionnel n'est pas, au niveau de la loi, un critère discriminatoire, et la Halde ne peut donc intervenir.
J'ai également entendu aujourd'hui à la radio que la conjoncture du crédit est très tendue. La crise du crédit immobilier aux Etats-Unis, due au fait que les banques ont jusqu'à présent prêté trop facilement à des ménages modestes et au final non solvables, a provoquée une baisse de leurs liquidités, puis par voie de conséquence une dépréciation de leurs capitaux sur les marchés boursiers. Les banques ont ainsi elles-mêmes des difficultés à emprunter, et vont être de plus en plus sélectives pour accorder des crédits.
C'est assez curieux, je me retrouve directement concerné par les abus d'un système bancaire, et par une conjoncture financière internationale sur le fil.
Alors que je commençais à m'habituer à l'idée de m'investir dans cette nouvelle maison, avec une excitation grandissante d'ailleurs, je traverse donc une période d'attente et d'incertitude, c'est assez énervant.
Heureusement, l'hiver touche à sa fin et ça c'est un élément positif, les projets de films commencent à revenir dans la région. La commission du film d'Aquitaine est confiante, les techniciens bordelais devraient connaître une nouvelle année avec de nombreux tournages.
J'avais compris dès le départ que les marges de négociations seraient pour moi assez réduites. Je sais que les banques sont frileuses face à un intermittent, et bien sûr je ne peux garantir à personne des revenus réguliers à long terme. Mais après tout, dans l'absolu, tout salarié en CDI peut être licencié à n'importe quel moment. Je pensais aussi qu'au vu de mon dossier (avis d'imposition de ces dernières années, salaires en 2007, taux d'endettement) je n'aurai pas trop de soucis.
Je viens pourtant d'essuyer plusieurs refus, parfois avant même d'avoir pu présenter les éléments de mon dossier, sous le seul prétexte que je suis intermittent. C'est un peu l'impasse. Mon dernier espoir c'est Meilleurtaux.com, je viens de monter un dossier avec l'un de leurs agents à Bordeaux. S'il trouve une banque plus conciliante et moins chère, j'ai peut-être des chances de faire baisser le taux de ma banque. Car si celle-ci accepte de m'accorder un crédit, elle vient d'augmenter le taux d'emprunt dans sa dernière offre, parce que je n'ai pas encore transmis d'offre concurrentielle sérieuse et officielle.
Sous le conseil d'un ami, et parce que l'on vient d'entendre parler de l'organisme dans l'actualité, je viens de contacter la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Je suis tombé sur quelqu'un de très compréhensif mais sa réponse n'en était pas moins claire, le statut professionnel n'est pas, au niveau de la loi, un critère discriminatoire, et la Halde ne peut donc intervenir.
J'ai également entendu aujourd'hui à la radio que la conjoncture du crédit est très tendue. La crise du crédit immobilier aux Etats-Unis, due au fait que les banques ont jusqu'à présent prêté trop facilement à des ménages modestes et au final non solvables, a provoquée une baisse de leurs liquidités, puis par voie de conséquence une dépréciation de leurs capitaux sur les marchés boursiers. Les banques ont ainsi elles-mêmes des difficultés à emprunter, et vont être de plus en plus sélectives pour accorder des crédits.
C'est assez curieux, je me retrouve directement concerné par les abus d'un système bancaire, et par une conjoncture financière internationale sur le fil.
Alors que je commençais à m'habituer à l'idée de m'investir dans cette nouvelle maison, avec une excitation grandissante d'ailleurs, je traverse donc une période d'attente et d'incertitude, c'est assez énervant.
Heureusement, l'hiver touche à sa fin et ça c'est un élément positif, les projets de films commencent à revenir dans la région. La commission du film d'Aquitaine est confiante, les techniciens bordelais devraient connaître une nouvelle année avec de nombreux tournages.
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