Quatre jours depuis mon retour à Bordeaux. J'ai retrouvé la maison et je profite de l'espace, de la proximité de la nature, du calme. J'ai retrouvé les amis aussi, et Bordeaux, belle et vivante, mais si petite.
Ce que j'ai engagé à New York ne faiblit pas, mon désir d'emprunter cet autre chemin est toujours aussi vif. Le compte à rebours est lancé, je devrais quitter la maison et la France d'ici cinq semaines.
C'est un départ mais ce n'est pas une rupture, plutôt un mouvement, dans une certaine continuité. Je clôturerai cependant ce blog, l'enjeu est bien la fin de l'intermittence. J'en commencerai un autre.
Je viens de mettre en ligne le diaporama d'une sélection de mes photos au cours de ces six semaines à New York. Un panaché, en attendant un projet. Voir le lien ci-contre dans la rubrique "Voyages et tournage".
Ce soir mon frère joue à La Dibiteri; son groupe a maintenant un manager! Ci-dessous un clip réalisé lors de son dernier concert. Le réalisateur ne s'est pas vraiment concentré sur les musiciens mais l'ambiance est là.
Affichage des articles dont le libellé est New York. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est New York. Afficher tous les articles
samedi 3 octobre 2009
lundi 28 septembre 2009
samedi 26 septembre 2009
Carroll Gardens
Avant-hier j'ai fait une autre longue promenade à Brooklyn. Ce n'est décidément pas la même échelle qu'à Manhattan; la taille des bâtiments est plus humaine, moins extravagante, il y a moins de voitures et moins de bruit, les restaurants sont moins axés vers le fast food, on rencontre plus de familles, bref c'est presque la campagne comparé à Manhattan. Entre une rive et l'autre de l'East River, ce sont deux mondes bien différents, et après six semaines de vie quotidienne dans le East Village, à mon retour je chercherai plutôt à m'installer à Brooklyn. Ci-dessous deux photos de Smith Street, une rue qui traverse plusieurs quartiers, du nord vers le sud; c'est dans le quartier de Carroll Gardens que j'aimerais trouver un logement. La première photo est axée vers le nord, plus classe, la seconde vers le sud, beaucoup plus populaire. Les photos ne sont pas prises au même endroit mais il s'agit bien de la même rue.

The diner
Il est tard, je rentre juste.
J'ai passé une nouvelle journée à cavaler dans Manhattan; ce matin j'avais rendez-vous avec un producteur français installé depuis dix ans à New York. La perspective de travailler avec lui, clairement évoquée, est la plus excitante parmi toutes celles que j'envisage à l'issue de ce séjour; à moins de trois jours de mon retour à Bordeaux, cette dernière rencontre achève d'esquisser mon chemin new-yorkais.
Ce soir en rentrant à l'appart, j'ai décidé de manger un peu, et de prendre mon temps pour cela, c'est assez rare à Manhattan. Au coin de Houston Street et de Norfolk Street, à quelques blocks de l'Avenue C, il y a ce "diner", un restaurant traditionnel américain; je suis particulièrement attentif à ces espaces ou ces objets à l'intérieur même de New York et dont l'on retrouve l'existence partout aux Etats-Unis; leur imagerie vient asseoir une Amérique intemporelle, celle que l'on voit dans les films, celle que j'aime expérimenter "en vrai", et que l'on attend pas forcément à New York alors que la profusion des ethnies et des cultures donnent plus l'impression d'une capitale internationale que d'une ville américaine.
Le restaurant est donc sur un coin de rue. C'est écrit "DINER" à l'extérieur, sur la tranche du mur, en lettres fluorescentes orange. On pénètre à l'intérieur, dans une sorte de sas, tout en verre et en aluminium brossé. Droit devant, la caisse, puis un long bar qui part dans la profondeur. A droite de l’entrée et à droite du bar, des tables le long des fenêtres, d’où l’on peut voir la rue à travers les stores.
L’ambiance est calme, les ventilateurs au plafond tournent tranquillement, la lumière est très légèrement tamisée.
Le bar est assez large, on peut s’y asseoir pour dîner, sur des sièges à dossier en faux cuir beige, perchés sur des pôles chromés fixés dans le sol. Derrière le bar il y a une multitude de machines pour faire du café, de la crème chantilly, des jus de fruits. Derrière ces machines, le mur est une mosaïque de petits carreaux oranges et marrons. A côté de ces machines se dressent de petites vitrines réfrigérées pleine de gros gâteaux, cheese cake nature, au chocolat, à la fraise. D’autres gâteaux, plus petits, sont présentés sous des cloches transparentes, à même le bar, à côté de kits individuels constitués de couverts, sel, poivre et sucre, disposés devant chaque siège.
Les serveurs sont tous hispaniques, ils portent tous pantalon noir, chemise blanche et cravate. Ils parlent espagnol entre eux. La clientèle, à cette heure de la nuit, est clairsemée. Un couple de vieux, ils portent tous les deux des bérets noirs et des Kway rouges. Un couple plus jeune, lui porte des lunettes années 50, et elle une grosse coiffure. Deux femmes assez étranges, assises devant de gigantesques part de gâteaux. Quatre jeunes latinos, peut-être un peu éméchés, sont les seuls dont on entend les éclats de voix. Même la télé, qui diffuse du catche, n’émet aucun son, mais l’on peut suivre ce qui se passe car c’est sous-titré en anglais; ce soir c’était «Punk» contre «The Undertaker». Le seul bruit régulier est celui du téléphone mural au bout du bar, près de l’entrée de la cuisine, le restaurant semble prendre de nombreuses commandes à livrer à domicile.
Lorsque l’on quitte le restaurant, le serveur vous donne le talon sur lequel il a pris la commande, on l’apporte à la caisse, tenue par la seule femme du personnel. Vingt dollars pour une grosse salade, une gigantesque part de gâteau, une bière, un ventre plein à craquer.
J’ai passé plus d’une heure dans ce «diner». Dans ce lieu, qui fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c’est comme si le temps s’était arrêté. C’était très agréable.
J'ai passé une nouvelle journée à cavaler dans Manhattan; ce matin j'avais rendez-vous avec un producteur français installé depuis dix ans à New York. La perspective de travailler avec lui, clairement évoquée, est la plus excitante parmi toutes celles que j'envisage à l'issue de ce séjour; à moins de trois jours de mon retour à Bordeaux, cette dernière rencontre achève d'esquisser mon chemin new-yorkais.
Ce soir en rentrant à l'appart, j'ai décidé de manger un peu, et de prendre mon temps pour cela, c'est assez rare à Manhattan. Au coin de Houston Street et de Norfolk Street, à quelques blocks de l'Avenue C, il y a ce "diner", un restaurant traditionnel américain; je suis particulièrement attentif à ces espaces ou ces objets à l'intérieur même de New York et dont l'on retrouve l'existence partout aux Etats-Unis; leur imagerie vient asseoir une Amérique intemporelle, celle que l'on voit dans les films, celle que j'aime expérimenter "en vrai", et que l'on attend pas forcément à New York alors que la profusion des ethnies et des cultures donnent plus l'impression d'une capitale internationale que d'une ville américaine.
Le restaurant est donc sur un coin de rue. C'est écrit "DINER" à l'extérieur, sur la tranche du mur, en lettres fluorescentes orange. On pénètre à l'intérieur, dans une sorte de sas, tout en verre et en aluminium brossé. Droit devant, la caisse, puis un long bar qui part dans la profondeur. A droite de l’entrée et à droite du bar, des tables le long des fenêtres, d’où l’on peut voir la rue à travers les stores.
L’ambiance est calme, les ventilateurs au plafond tournent tranquillement, la lumière est très légèrement tamisée.
Le bar est assez large, on peut s’y asseoir pour dîner, sur des sièges à dossier en faux cuir beige, perchés sur des pôles chromés fixés dans le sol. Derrière le bar il y a une multitude de machines pour faire du café, de la crème chantilly, des jus de fruits. Derrière ces machines, le mur est une mosaïque de petits carreaux oranges et marrons. A côté de ces machines se dressent de petites vitrines réfrigérées pleine de gros gâteaux, cheese cake nature, au chocolat, à la fraise. D’autres gâteaux, plus petits, sont présentés sous des cloches transparentes, à même le bar, à côté de kits individuels constitués de couverts, sel, poivre et sucre, disposés devant chaque siège.
Les serveurs sont tous hispaniques, ils portent tous pantalon noir, chemise blanche et cravate. Ils parlent espagnol entre eux. La clientèle, à cette heure de la nuit, est clairsemée. Un couple de vieux, ils portent tous les deux des bérets noirs et des Kway rouges. Un couple plus jeune, lui porte des lunettes années 50, et elle une grosse coiffure. Deux femmes assez étranges, assises devant de gigantesques part de gâteaux. Quatre jeunes latinos, peut-être un peu éméchés, sont les seuls dont on entend les éclats de voix. Même la télé, qui diffuse du catche, n’émet aucun son, mais l’on peut suivre ce qui se passe car c’est sous-titré en anglais; ce soir c’était «Punk» contre «The Undertaker». Le seul bruit régulier est celui du téléphone mural au bout du bar, près de l’entrée de la cuisine, le restaurant semble prendre de nombreuses commandes à livrer à domicile.
Lorsque l’on quitte le restaurant, le serveur vous donne le talon sur lequel il a pris la commande, on l’apporte à la caisse, tenue par la seule femme du personnel. Vingt dollars pour une grosse salade, une gigantesque part de gâteau, une bière, un ventre plein à craquer.
J’ai passé plus d’une heure dans ce «diner». Dans ce lieu, qui fonctionne vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c’est comme si le temps s’était arrêté. C’était très agréable.
lundi 21 septembre 2009
Sur les traces de Dennis Adams
Dennis Adams, que j'avais rencontré avant d'arriver à New York, est en train de terminer le montage de son film pour Evento, la biennale de création urbaine dont le coup d'envoi est prévu le 9 octobre à Bordeaux. Samedi j'ai passé une bonne partie de la journée chez lui pour corriger la traduction française de la voix off; cette traduction sera utilisée pour sous-titrer le film lors de sa diffusion en France.
A la fin de la journée il m'a offert un livre magnifique, relié à la main dans un atelier en Italie, dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde. Le livre est la publication de l'une de ses œuvres; en 1997, Dennis et Laurent Malone marchent sans interruption de Downtown Manhattan jusqu'à l'aéroport de JFK, en passant par Williamsburg Bridge. Ils suivent l'itinéraire le plus direct possible, à travers quartiers, voies rapides et cimetières. Onze heures trente de marche au total. Dennis et Laurent avaient convenu de partager un seul et même appareil photo 35mm, pour réaliser un nombre indéterminé de clichés, se complétant par paires. A tout moment de la marche, chacun était libre de prendre la photo de son choix, passant ensuite l'appareil à l'autre, qui prenait alors une seconde photo dans la direction diamétralement opposée, sans tenir compte de sujet, du cadrage, ni régler le diaph ou faire la mise ou point. Le livre regroupe ainsi 243 paires de photos, dans l'ordre où elles ont été prises.
Les photos furent exposées à Beaubourg, au MoMA, et dans biens d'autres lieux.
Hier dimanche, le ciel était totalement dégagé, la lumière claire et contrastée. J'ai fait une longue marche de près de deux heures, et me suis inspiré du travail de Dennis. Je suis parti du même lieu à Manhattan, j'ai traversé le Williamsburg Bridge, ensuite j'ai pris un autre chemin, montant vers le nord de Brooklyn, en prenant Driggs Avenue, puis Manhattan Avenue. Le point d'arrivée était la station de métro Greenpoint Avenue, où j'ai appelé mon ami Emile qui habite dans ce quartier.
C'était ma première sortie de Manhattan depuis que je me suis installé dans cet appartement du East Village. Je ne m'étais d'ailleurs pas aperçu que je venais de passer trois semaines sur l'île.
J'ai donc fait des photos tout au long de cette marche, en gardant la même focale, et le même axe, c'est à dire ce que j'avais droit devant moi. Je ne suis pas du tout sûr que le résultat ait un quelconque intérêt mais c'était super de faire cette expérience. C'était particulièrement agréable de prendre des photos en suivant un principe simple, sans la contrainte de la recherche d'un cadre ou d'un sujet.
Voici le lien pour visionner ces photos.
Et voici l'une des premières photos du livre de Dennis (c'est une photo de la photo), j'ai commencé là ma propre marche, à l'angle de Delancey Sreet et de Ludlow Street.


Dans les articles précédents, d'autres photos prises au cours de la journée d'hier.
A la fin de la journée il m'a offert un livre magnifique, relié à la main dans un atelier en Italie, dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde. Le livre est la publication de l'une de ses œuvres; en 1997, Dennis et Laurent Malone marchent sans interruption de Downtown Manhattan jusqu'à l'aéroport de JFK, en passant par Williamsburg Bridge. Ils suivent l'itinéraire le plus direct possible, à travers quartiers, voies rapides et cimetières. Onze heures trente de marche au total. Dennis et Laurent avaient convenu de partager un seul et même appareil photo 35mm, pour réaliser un nombre indéterminé de clichés, se complétant par paires. A tout moment de la marche, chacun était libre de prendre la photo de son choix, passant ensuite l'appareil à l'autre, qui prenait alors une seconde photo dans la direction diamétralement opposée, sans tenir compte de sujet, du cadrage, ni régler le diaph ou faire la mise ou point. Le livre regroupe ainsi 243 paires de photos, dans l'ordre où elles ont été prises.
Les photos furent exposées à Beaubourg, au MoMA, et dans biens d'autres lieux.
Hier dimanche, le ciel était totalement dégagé, la lumière claire et contrastée. J'ai fait une longue marche de près de deux heures, et me suis inspiré du travail de Dennis. Je suis parti du même lieu à Manhattan, j'ai traversé le Williamsburg Bridge, ensuite j'ai pris un autre chemin, montant vers le nord de Brooklyn, en prenant Driggs Avenue, puis Manhattan Avenue. Le point d'arrivée était la station de métro Greenpoint Avenue, où j'ai appelé mon ami Emile qui habite dans ce quartier.
C'était ma première sortie de Manhattan depuis que je me suis installé dans cet appartement du East Village. Je ne m'étais d'ailleurs pas aperçu que je venais de passer trois semaines sur l'île.
J'ai donc fait des photos tout au long de cette marche, en gardant la même focale, et le même axe, c'est à dire ce que j'avais droit devant moi. Je ne suis pas du tout sûr que le résultat ait un quelconque intérêt mais c'était super de faire cette expérience. C'était particulièrement agréable de prendre des photos en suivant un principe simple, sans la contrainte de la recherche d'un cadre ou d'un sujet.
Voici le lien pour visionner ces photos.
Et voici l'une des premières photos du livre de Dennis (c'est une photo de la photo), j'ai commencé là ma propre marche, à l'angle de Delancey Sreet et de Ludlow Street.
Dans les articles précédents, d'autres photos prises au cours de la journée d'hier.
dimanche 20 septembre 2009
vendredi 18 septembre 2009
Ronnie Foster - Mystic Brew
Quel morceau! Ça date du début des années 70. Samplé 20 ans plus tard par A Tribe Called Quest, avec Electric Relaxation, j'avais publié le clip l'an dernier. Avec la découverte, il y a trois semaines, du groupe Nice and Smooth — et j'ai croisé l'un des chanteurs mardi dans un parking — un projet sur le Hip-Hop new-yorkais se dessine. Je vais essayer d'aller voir Q-Tip, l'ancien leader d'ATCQ, il anime des soirées à partir de ce vendredi à la Santos Party House, c'est pas loin.
jeudi 17 septembre 2009
lundi 14 septembre 2009
La sieste à Central Park
Asian food
vendredi 11 septembre 2009
Inscription à :
Articles (Atom)