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dimanche 11 octobre 2009

Evento, une journée d'inaugurations

Vendredi c’était l'inauguration à Bordeaux d'Evento, première édition de la biennale d'art contemporain. Sur l'introduction du programme Alain Juppé souhaitait "que cet évènement culturel irrigue les territoires, les cœurs et les esprits, contribuant à rendre Bordeaux encore plus attractive et plus aimable à tous".

Le réveil sonne à 6 heures. Je télécharge sur Internet une nouvelle version du film de Dennis Adams, envoyée dans la nuit par le monteur depuis New York. La veille Dennis est arrivé à Bordeaux, comme beaucoup d’autres artistes de la biennale. Son film est sur un disque dur, mais le fichier ne correspond pas aux moyens de diffusion mis en place par l'équipe d'Evento. La communication entre l'artiste en la production de l'évènement a été pour le moins laborieuse sur cette question, et je découvrirai par ailleurs dans la journée que tous les artistes de la biennale n'ont pas eu le même traitement.

9 heures, je me rend sur le site principal d'Evento, sur les quais, au niveau des Quinconces. Le film de Dennis doit être diffusé dans un container, posé non loin de la scène des concerts et de la grande passerelle de Kawamata, pièce maîtresse du site. Le fichier téléchargé quelques heures plus tôt ne fonctionne pas non plus, nous passons la matinée à trouver d'autres solutions, Dennis à bout de nerfs pense qu'il ferait mieux de rentrer à New York sur le champs. Finalement, à trois heures de la projection presse, c'est un autre artiste, venu de Hong Kong, qui trouve la solution. Tout le monde est rassuré, la fête peut commencer!

Dans l'après-midi je retrouve Dennis et Doug, son galeriste new-yorkais. Nous assistons aux premières entrées du public dans le container. Les visiteurs se font plus nombreux sur le site, ils déambulent à travers les œuvres. L'ambiance sur les quais est inédite. L'art contemporain a drainé un public international qui ne ressemble pas aux touristes habituels, et les bordelais semblent avoir fait le déplacement même si leurs visages expriment une certaine perplexité.
Après un bon Mojito siroté sous le chapiteau principal du site des Quinconces, nous prenons le tram pour nous rendre à la Base Sous-marine, édifice monumental à la périphérie immédiate de la ville, hérité de la deuxième guerre mondiale. Ici c'est une immense exposition consacrée au cinéaste Amos Gitaï; des extraits de ses films sont projetés à l'intérieur de la base, sur les gigantesques murs en béton. C'est un spectacle visuel et sonore extraordinaire.

19 heures, nous revenons en centre-ville avec une navette. Petite pause vin et charcuterie sur la terrasse d'un petit bar sur les quais. La soirée est douce, les new-yorkais sont heureux.
Près du chapiteau c'est ensuite le moment de l'inauguration officielle. Une petite foule s'est amassée devant une estrade, et derrière le pupitre c'est Frédéric Mitterrand qui prend la parole. Le ministre de la culture a donc fait le déplacement. Moins de 24 heures après son intervention sur le journal de TF1, où il s'est expliqué suite à cette polémique lamentable, je suis surpris de le voir et impressionné. Je constate également à quel point la fonction qu'il occupe lui donne une solennité remarquable, l'aura du pouvoir est nettement perceptible. Alain Juppé et Alain Rousset, présents à ses côtés, apparaissent comme relayés au second plan.
Au cours de son discours Mitterrand fait une digression sur le concept d'Intime Collectif, credo de la biennale. Il parle de l'art comme expression de l'intime à l'adresse du collectif, et en cela sujet à toutes les interprétations possibles. Une allusion sans doute aux amalgames qu'il dénonçait la veille.

Le groupe des officiels entame ensuite une déambulation sur le site des Quinconces. Ils viennent devant le container, Juppé y entre et regarde le film, diffusé en continu, pendant quelques secondes, serre la main de Dennis, ils échangent quelques mots. Le cortège s'engage ensuite sur la fameuse passerelle, érigée depuis plusieurs jours déjà, le ruban est coupé, et dans un crépitement de flashs le groupe quitte l'atmosphère feutrée de la biennale pour passer au dessus des voies de circulation et plonger vers la Foire aux Plaisirs, qui a lieu depuis toujours à Bordeaux en cette saison. Là c'est un autre univers, et je me dis que le pari du mariage entre le populaire et l'art contemporain est peut-être réussi; plus tard dans la soirée je reviendrai sur la passerelle éphémère et me dirai que le trait d’union qu’elle symbolise ne durera sans doute que le temps de sa présence au dessus des quais de Bordeaux.

L'évènement suivant est un concert au Grand Théâtre. Je n'y avais pas mis les pieds depuis une visite de classe au lycée. Je suis surpris de la taille, réduite, du "Grand" Théâtre. Je suis à Bordeaux, la salle me le rappelle, tout à coup; ce lieu où les gens assis aux balcons se regardent et regardent ceux qui sont assis plus bas, au parterre. Le concert est une catastrophe. Un mélange de classique, d'électronique et de jazz; l'Orchestre National de Bordeaux joue devant un écran qui diffuse une sorte d'animation graphique sans aucun intérêt; les chanteuses sont habillées de robes années 20 totalement kitch et l'une d'elles s'assoit de temps en temps pour jouer de la scie égoïne; le tout sous la direction d'un chef d'orchestre angolais; aucune unité, aucune harmonie, c'était assez insupportable.

Après cela c'est d'un pas vif que Dennis, Doug et moi nous rendons au Palais Rohan, la mairie a ouvert ses portes pour un cocktail dînatoire. La cour du Palais est superbe, la lumière est tamisée, avec des dominantes rouges, pour rappeler l'affiche d'Evento, qui trône dans l'entrée du bâtiment. Dans les grands salons en enfilades quatre cent personnes sont réunies, le vin et les canapés partent à une vitesse folle. Sur le pas des portes ouvertes sur les jardins à l'arrière, les gens fument près des voitures officielles et des CRS. Je rencontre toutes sortes d'institutionnels avec qui j'ai travaillé ces dernières années sur Bordeaux, quelques amis aussi.

Dennis et Doug rentrent ensuite à l'hôtel, Dennis me donne ses tickets pour l'After Party. Je retrouve mes amis et les y emmène. Ça se passe dans un bar aux Chartrons. Ça parle anglais et allemand dans tous les sens, les hommes portent tous des lunettes design, le champagne coule à flot, mais seules quelques dizaines de personnes en profitent.

Je me suis amusé. En présence de Dennis, ce qui me donnait un peu de distance, j’ai parcouru la ville de long en large, je suis entré dans des lieux que je ne connaissais pas, j’ai revu des visages familiers, en ai découvert de nouveaux.
A quelques semaines de mon départ pour New York, je veux continuer à réfléchir aux passerelles que je pourrais moi-même mettre en place entre le lieu que je quitte et celui que je m’apprête à explorer, que ces lieux fassent partie de la même histoire. Demeurer dans cette idée d’une continuité, d’un mouvement qui met à profit ce qu’il laisse derrière lui.
Vendredi soir cependant cette longue journée inaugurative ressemblait aussi à une tournée d’adieux.

lundi 21 septembre 2009

Sur les traces de Dennis Adams

Dennis Adams, que j'avais rencontré avant d'arriver à New York, est en train de terminer le montage de son film pour Evento, la biennale de création urbaine dont le coup d'envoi est prévu le 9 octobre à Bordeaux. Samedi j'ai passé une bonne partie de la journée chez lui pour corriger la traduction française de la voix off; cette traduction sera utilisée pour sous-titrer le film lors de sa diffusion en France.
A la fin de la journée il m'a offert un livre magnifique, relié à la main dans un atelier en Italie, dont il ne reste que quelques exemplaires dans le monde. Le livre est la publication de l'une de ses œuvres; en 1997, Dennis et Laurent Malone marchent sans interruption de Downtown Manhattan jusqu'à l'aéroport de JFK, en passant par Williamsburg Bridge. Ils suivent l'itinéraire le plus direct possible, à travers quartiers, voies rapides et cimetières. Onze heures trente de marche au total. Dennis et Laurent avaient convenu de partager un seul et même appareil photo 35mm, pour réaliser un nombre indéterminé de clichés, se complétant par paires. A tout moment de la marche, chacun était libre de prendre la photo de son choix, passant ensuite l'appareil à l'autre, qui prenait alors une seconde photo dans la direction diamétralement opposée, sans tenir compte de sujet, du cadrage, ni régler le diaph ou faire la mise ou point. Le livre regroupe ainsi 243 paires de photos, dans l'ordre où elles ont été prises.
Les photos furent exposées à Beaubourg, au MoMA, et dans biens d'autres lieux.

Hier dimanche, le ciel était totalement dégagé, la lumière claire et contrastée. J'ai fait une longue marche de près de deux heures, et me suis inspiré du travail de Dennis. Je suis parti du même lieu à Manhattan, j'ai traversé le Williamsburg Bridge, ensuite j'ai pris un autre chemin, montant vers le nord de Brooklyn, en prenant Driggs Avenue, puis Manhattan Avenue. Le point d'arrivée était la station de métro Greenpoint Avenue, où j'ai appelé mon ami Emile qui habite dans ce quartier.
C'était ma première sortie de Manhattan depuis que je me suis installé dans cet appartement du East Village. Je ne m'étais d'ailleurs pas aperçu que je venais de passer trois semaines sur l'île.
J'ai donc fait des photos tout au long de cette marche, en gardant la même focale, et le même axe, c'est à dire ce que j'avais droit devant moi. Je ne suis pas du tout sûr que le résultat ait un quelconque intérêt mais c'était super de faire cette expérience. C'était particulièrement agréable de prendre des photos en suivant un principe simple, sans la contrainte de la recherche d'un cadre ou d'un sujet.
Voici le lien pour visionner ces photos.

Et voici l'une des premières photos du livre de Dennis (c'est une photo de la photo), j'ai commencé là ma propre marche, à l'angle de Delancey Sreet et de Ludlow Street.



Dans les articles précédents, d'autres photos prises au cours de la journée d'hier.

lundi 20 juillet 2009

Une semaine avec Dennis Adams

Voici dix jours j’ai terminé, épuisé, «Section de recherches». Je travaillais sur la série depuis six mois pour mettre un maximum de côté, en vue de mon projet d’installation à New York.
Grâce à Joan, un de mes assistants sur les tournages, dès le lendemain j’ai eu l’occasion de faire une rencontre déterminante et de m’engager sur un projet hors du commun, à des années lumière d’une série policière pour TF1.

La ville de Bordeaux vient de lancer un évènement de taille, une biennale de création urbaine, Evento, dont la première édition a lieu cet automne. Selon le site "Bordeaux Info", la manifestation s’inscrit principalement dans l’espace public et se fonde sur l’idée de mobilité urbaine et de rencontre entre les communautés locales et les artistes invités.
L’un des artistes participant à Evento est Dennis Adams. Il y a quelques jours Joan est contacté par la biennale, il dirige une petite structure de production à Bordeaux et il doit assurer la production exécutive de "Spill", le film que prépare M. Adams; une oeuvre très originale, un mélange entre la performance de rue et le film expérimental. La diffusion aura lieu sur toute la durée d'Evento.
Joan me demande d'être l’assistant de Dennis pendant la semaine prévue pour la réalisation du film. Deux jours de repérages et trois jours de tournage doivent être organisés.
Dennis Adams est, selon ce que je trouve à ce moment-là sur Internet, «un artiste mondialement reconnu pour ses interventions dans l’espace public et des installations réalisées pour des musées, qui traitent des processus de la mémoire collective et du contrôle social dans la conception et l’utilisation de l’architecture et de l’espace urbain». Il est représenté par des galeries à travers le monde.
Il est aussi photographe, et il vit à New York.

Dimanche dernier je rencontre donc Dennis pour la première fois. Il a 60 ans, son apparence et son allure sont plutôt insolites, quasi intemporelles, j’ai l’impression qu’il sort lui même tout droit d’un film. Il est très chaleureux, drôle, accessible, et je sens qu’il tient à m’engager dans son projet; il n’a jamais fait de film auparavant, il pose toutes sortes de questions sur le dispositif technique, sur le montage, etc… Il sera toujours très attentif à l’avis de ses interlocuteurs pendant la réalisation de son film.

"Spill" met en scène Dennis dans les rues de Bordeaux, habillé d’un costume de lin blanc, avec chapeau blanc et chaussures blanches, marchant très lentement pour ne pas renverser le verre de vin rouge plein à ras bord qu’il tient à la main. Une caméra est accrochée à son corps, dirigée vers le sol elle filme en gros plan le verre de vin. Le cadre capte également sa lente marche, les différentes matières des sols, les pieds des passants. Une deuxième caméra est prévue pour des plans larges, une voix off viendra se faire l’écho du monologue intérieur du marcheur. Un marcheur largement documenté sur l’histoire contrastée de la ville. «Spill», ça veut dire à la fois renverser et divulguer.

Si j’ai voulu écrire au sujet de cette rencontre c’est aussi en raison de tout ce que m’a raconté Dennis sur sa vie. En quelques anecdotes il m’a fait part d’un parcours pour le moins singulier, et son trajet témoigne aussi d’une partie de l’histoire américaine.

Il est né en 1948 à Des Moines, dans l’Iowa. Ses parents viennent de s’installer à nouveau dans la région, après un séjour de quelques années à Chicago, où son père est devenu un gangster.
Dennis m’a très souvent parlé de son père, comme on parle d’un personnage de fiction; un homme qu’il n’a pas beaucoup vu, occupé par ses brigandages, les femmes et l’alcool. J’ai eu l’impression parfois que Dennis me parlait comme lui parlait sans doute son père, de façon bruyante, avec beaucoup d’excitation. L’homme devait être assez fascinant. Dennis avait 27 ans quand il est mort.
Dennis nous a notamment raconté à Joan et moi un épisode formidable. Un beau jour le père contacte son fils pour qu’il vienne à l’enterrement de sa cinquième femme. La cérémonie doit avoir lieu dans une petite ville de l’Iowa. Dennis ne se rappelle pas s’il y a un prêtre ou non dans l’église mais se souvient que le cadavre de la femme est extrait du cercueil, passé de bras en bras, pour être embrassé par tout le monde. Et c'est ensuite une course folle à travers l’Iowa. Dennis se voit confier une voiture alors qu’il ne sait pas conduire. Il doit suivre un cortège roulant à toute allure sur des routes poussiéreuses. Des bouteilles vides de whisky sont régulièrement larguées des voitures qui le précèdent, elles viennent s’écraser sur sa carrosserie, alors qu’il tente tant bien que mal de suivre cette petite troupe déchaînée. Tout le monde s’arrête devant un «diner» au bord de la route. Dennis doit passer derrière le bar pour servir la bande. La troupe repart ensuite, totalement ivre, cette fois Dennis n’arrive plus à suivre, et il retourne chez sa mère.

Je suis passé par l’Iowa en 2007 lors de ma traversée des Etats-Unis en voiture, et cette histoire résonne, avec les paysages que j'ai vu, avec de nombreux films aussi.
Quand Dennis est passé chez moi au cours de la semaine, il s’est figé devant l’affiche de «Bonnie and Clyde», accrochée dans le salon. Faye Dunaway, que j'avais rencontré sur le tournage de «Jeanne d’Arc», avait signé devant moi cette édition originale achetée des années auparavant. Devant l’image sous-verre, Dennis me raconte d’emblée que sa mère avait croisé Bonnie et Clyde, les vrais, elle habitait tout près de la station-service qu’ils utilisaient pour faire le plein.
Je n’en reviens toujours pas, que la fiction puisse ainsi se mélanger à la réalité.

A 19 ans, Dennis arrive à New York avec, me dit-il, 25 dollars en poche. Il dort pendant trois semaines dans une grosse boîte en carton, à Central Park. N’en pouvant plus, il finit par sonner chez un homme rencontré des mois plus tôt, en Iowa. L'homme avait remarqué ses talents d’artistes; depuis tout jeune Dennis dessine, peint, prend des photos, fabrique des choses. L’homme, apparemment fortuné, l’héberge pendant trois ans. Dennis fait notamment le coursier.
Son premier travail remarqué est la construction d’abris de bus temporaires, ils sont commandés et installés un peu partout à Manhattan. Il ne m’en a pas dit plus. Après c’est une autre histoire, le menant jusqu'à Bordeaux, pour ce projet, "Spill".

Une autre anecdote, plus récente.
Nous sommes en 1989, à Paris. Dennis participe à une manifestation culturelle à La Défense. L’entourage de Mitterrand l’informe que ce dernier souhaite le rencontrer. Un rendez-vous est pris, Dennis doit attendre dans un restaurant. Au bout d’une heure, on vient le voir pour lui annoncer "pour des raisons de sécurité, le rendez-vous est annulé", et on l’invite à profiter de la table. Dennis se met à manger et à boire. Mais finalement, le personnel de la présidence revient, et Dennis, un peu saoul, doit se rendre sur le champs dans un salon où le Président l’attend. Dennis se retrouve ainsi pendant vingt minutes seul avec Mitterrand. Les gardes du corps sont sortis, et il se rend compte qu’il n’a pas été fouillé. Il est en présence du Président de la France, et lui vient subitement à la conscience qu’il est en position de pouvoir l'assassiner. Il parle de cet évènement comme un moment ahurissant, où a surgit un fantasme, encore incompréhensible, dit-il, aujourd’hui.

Enfin, j’ai interrogé Dennis sur le 11 septembre, puisqu’il habite à Tribeca, un quartier de Manhattan situé juste au-dessus de celui de l’ancien World Trade Center. Il était dans son appartement au moment des impacts. Il retient deux images de ce jour si singulier.
La première, c’est la fin de l’après-midi, le silence règne, il y a encore énormément de fumée plus au sud, et des particules de cendres continuent de tomber. Il est sur une terrasse au-dessus de son immeuble. Il aperçoit tout à coup, et ça le pétrifie, un homme qui prend un bain de soleil sur une chaise longue, sur une terrasse voisine. L’homme tient un miroir sur son torse afin que les rayons du soleil se réfléchissent sur son visage.
Un peu plus tard, il descend dans la rue, totalement vide, presque tous les habitants ont quitté le quartier. Il se rend chez un épicier coréen pour acheter un peu à manger, car il a décidé avec sa femme de rester chez lui. Au détour d’une rue, il croise alors un individu qu’il n’avait encore jamais vu dans le quartier, un jeune homme noir, très beau, en train de peindre méticuleusement la porte d’un immeuble. Il se demande aujourd’hui si cette personne a vraiment existé.

Ce dernier souvenir vient je crois illustrer ce qui m’a le plus fasciné chez Dennis Adams : une disponibilité extraordinaire vis à vis du monde, des autres, des évènements. Une capacité remarquable d’attention et d’observation. Un décalage perpétuel aussi. Un talent, sinon un état d’esprit, qui lui permet sans doute de s’exprimer comme il le fait et de créer.
Tout cela m’inspire, évidemment.

Nous avons rendez-vous à Manhattan fin août.



Ci-joint dans la rubrique Voyages et Tournages, un lien sur les photos du tournage de "Spill".