dimanche 17 février 2008

33 ans



"Pas de misère en France"

Une vidéo envoyée par Sophie Lucas, diffusée notamment sur le site Agoravox TV.

vendredi 15 février 2008

Le printemps

Encore une journée printanière aujourd'hui.
La nouvelle du jour c'est la fin d'un rêve, je ne vais pas acheter la maison. La banque conditionne finalement son accord définitif à une caution solidaire et à une hypothèque, ce que je refuse. J'y reviendrai peut-être. Je peux dors et déjà souligner qu'on est en plein dans la normalisation de la société dont je parlais ici ces derniers jours; je suis intermittent, c'est pas très compréhensible pour une banque comme statut, c'est obscur, ça se rejette. Qu'ils aillent au diable!

Il va falloir que je change le nom de ce blog ("Plus belle l'échoppe"), fait chier.
En attendant, ce sera "Le printemps", un mot qui me parle, un beau tableau par Sandro Botticcelli.

jeudi 14 février 2008

Changement de rythme

Je suis plongé depuis trois jours dans une toute autre réalité, celle, à la fois grisante et quelque peu surréaliste, de mon travail de régisseur sur une série pour TF1. Je parcours la Gironde, pour négocier avec des propriétaires la location de leurs luxueuses maisons, décors que l'on ne verra jamais ou presque à l'image, je parle à tous les prestataires cinéma de la région, "ah ben oui il me faut aussi une loge pour telle comédienne, elle veut la même que tel comédien", "dis-moi, tu sais où je peux trouver des roues en caoutchouc de 50 mm d'épaisseur pour la roulante des machinos?", je vais en Charente pour faire des photos de beaux véhicules de gendarmerie chez un loueur spécialisé, je réserve des hôtels, des restaurants, des voitures, des talkies-walkies, je fais des listes, des plannings, je passe cinq heures par jour au téléphone "ah oui?! il y a 10 personnes qui arrivent demain matin pour une réunion, ben oui bien sûr je vais m'en occuper, je vais trouver des chauffeurs, des chambres, un bureau, un système de projection, ya pas de problème".
Le cinéma c'est formidable.
Et le Crédit Agricole qui finalement hésite à m'accorder un crédit, "vous comprenez, notre direction refuse de prendre en compte vos indemnités d'intermittent pour le calcul de vos revenus, mais ne vous inquiétez pas monsieur, je suis sur votre dossier depuis ce matin, je monte au créneau".
Et à l'instant ces chers picotements urticants qui déroulent leur offensive, juste avant le coucher!
Ah oui, c'est la Saint Valentin.

Quelques échos du Grand Meeting à la Mutualité

Par Geneviève Cloutour-Monribot

Pour manifester leur combat face à la dictature des nombres et de l’évaluation quantitative, environ mille personnes se sont retrouvées à la Mutualité les 9 et 10 février. Les nombreuses interventions sont venues soutenir des positions fortes face à l’idéologie de l’évaluation et à la normalisation généralisée que nous promet le cognitivisme.

L’éradication de l’enseignement de la psychologie clinique et de la psychanalyse dans les universités, la mise au pas de la recherche au service de l’économie et de la société, la clinique de la prédiction génétique, la loi de présomption de dangerosité, votée le 4 février, les nouveaux calculs pour obtenir le partenaire idéal, autant de faits dont les mécanismes ont été mis au jour, par des abords divers. L’aspect très inquiétant de la nouvelle forme de civilisation qu’apporte le cognitivisme y apparaît clairement. Dans chacun de ces domaines, le chiffre, les statistiques diverses, les enquêtes de satisfaction, sont là pour calculer l’incalculable, éradiquer l’inattendu, écraser le vivant, tuer le sujet. Retenons alors, de l’intervention de Jean-Claude Milner, combien la figure imaginaire d’une science idéale voudrait rendre l’étrange, la souffrance et le complexe aussi simple et facile qu’un réflexe pavlovien.

Le succès de ce meeting montre bien notre détermination à combattre ce qui fait à la fois le système et l’idéologie de l’évaluation, prometteurs d’un monde lisse où le meilleur sera le pire.

"Les Imposteurs"



lundi 11 février 2008

L'irréductibilité du sujet contre l'évaluation

Il s’est tenu ce week end à Paris, à la Maison de la Mutualité, un grand meeting contre l’évaluation, et pour que vive la psychanalyse. A l’initiative de Jacques-Alain Miller, figure de proue de la psychanalyse lacanienne, des personnalités de tous horizons se sont succédées à la tribune: des philosophes (Jean-Claude Milner, BHL, Yves-Charles Zarka), des chercheurs, des universitaires, des sociologues, des médecins, des psychanalystes, un avocat, des écrivains (Philippe Solers), ainsi que Robert Hue et Christophe Deltombe, le nouveau président d’Emmaüs. Tous étaient réunis, devant un public impressionnant, pour dénoncer quelque chose de notre société actuelle qui doucement s’immisce dans tous les domaines du savoir, dans les discours et l’action politique, quelque chose qui menace les êtres humains, les sujets que nous sommes, il s’agit donc de l’évaluation.

L’évaluation, pour reprendre les mots des orateurs du meeting, c’est d’abord un système qui, basé sur la culture de la performance et du résultat, utilise le chiffrage à outrance. L’évaluation c’est aussi une idéologie, un ordre politico-moral qui, sous prétexte de prévention, de sécurité et de transparence, verrouille l’émergence de la différence, du singulier, pour aboutir à un lissage, à une normalisation de la société et des sujets qui la composent.

Après ce meeting, il m’est indispensable de rendre compte et de prendre part au combat contre l’évaluation, dont je me sens proche parce qu’il va bien au-delà de la défense de la psychanalyse. Ce n’est pas une affaire de chapelle. Robert Hue a parlé de l’émancipation de l’homme comme point commun entre lui et la psychanalyse, et a insisté sur le caractère éminemment politique du combat contre la remise en cause de cette émancipation.
C’est aussi une bataille sur laquelle je me sens en prise grâce à mon propre parcours dans la psychanalyse, un parcours qui a abouti, je l’ai déjà évoqué sur ce blog, au surgissement de l’autre et du sujet.

Pour en dire un peu plus, je peux aussi revenir sur le contexte politique dans lequel s’inscrit le Forum, un contexte sur lequel la plupart des orateurs sont revenus.
Au niveau de la politique, il y a cette idée, «ubuesque» selon BHL, de l’évaluation des ministres. Il y a la folie des sondages, qui franchit encore un nouveau pallier ; le politique, disait le sociologue Vincent de Goléjac, n’est plus un visionnaire mais se calque sur le résultat des sondages, il suit le public, s’y adapte. Il y a aussi cette missive de Brice Hortefeux aux préfets leur demandant de faire du chiffre au niveau des expulsions. Il y encore la poursuite au pénal d’un journaliste par un président de la république ; au pénal, ça veut dire que le journaliste risque la prison. C’est une première. Cela résonne également avec un propos du psychanalyste Eric Laurent sur la "peopleisation", dans le sens où ce processus est un isolement de quelques uns face à la massification de tous les autres. Sarkozy "peopleisé", victime donc de sa propre politique, chercherait finalement à s’en défaire ?
Au niveau de la justice on observe aussi des évolutions alarmantes : loi Dati sur les peines prolongées en fonction de la présomption de dangerosité, lois diverses sur la délation imposée aux avocats, notaires ou banquiers lorsque la provenance de fonds est douteuse, loi sur le témoin anonyme, etc…
A l’école, à l’université, et dans le domaine de la recherche, les attaques évaluationnistes sont tout aussi nombreuses. Isabelle This, professeur d’économie et membre du collectif «Sauvons la recherche», indiquait à quel point l’enseignement supérieur prend un caractère utilitaire. On dit qu’il s’agit de professionnaliser, mais on fait de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la science, des domaines au service de la société et de l’économie, et non plus au service de l’homme et de la connaissance. Les étudiants deviennent des usagers, des clients.
Pour résumer, plusieurs intervenants ont souligné un véritable glissement idéologique, notamment depuis l’élection de Sarkozy. Si l’on pense aussi au fichage généralisé (vidéo-surveillance, repérages des téléphones portables, données ineffaçables sur Internet), on obtient, disait l’avocat Charrière-Bournazel, une transparence qui s’apparente à une oblitération. Bernard-Henri Lévy parlait lui d’une séquence de civilisation étrange et inquiétante.

Face à tout cela, le meeting a mis en lumière des idées, des clefs, pour combattre l’évaluation, pour réhumaniser la société, pour résister à l’explication universelle.
Le premier élément c’est d’analyser un peu plus le système de l’évaluation, et les évaluateurs eux-mêmes.
Je citerai l’exemple de «l’Impact Factor», mentionné par un professeur de Rennes, Alain Abelhauser. Il racontait comment a été évalué un article paru dans une revue scientifique ; il n’y a pas eu de réunion d’un groupe de personnes compétentes pour critiquer l’article en question, il y a eu appel à «l’impact factor», c’est à dire mesure du nombre de fois que l’article est référencé, dans d’autres revues ou par d’autres chercheurs par exemple. Ce qui est bien, c’est ce qui est le mieux référencé. L’évaluation ce n’est pas la critique, c’est l’indexation.
Jean-Claude Milner, avec finesse et pertinence, a aussi démontré à quel point on ne peut opposer de discours ou de critique face au chiffrage et à la statistique. On ne peut faire aucune opération face à des chiffres. «Les chiffres sont les chiffres». Milner a comparé cette science du chiffre, «science idéale», aux sciences occultes. La façon d’obtenir les chiffres est opaque, et cette science ressemble aux sciences occultes en raison des ornements dont elle se pare, à savoir ici une littérature grise (profusion de chiffres et jargon administratif ennuyeux). L’évaluation se protège donc elle-même de la critique.
Les autres clefs pour résister, c’est de réaffirmer, nous disait BHL, quelques idées simples. L’âme n’a pas de siège, de localisation. Le corps n’est pas une mécanique (BHL a cité Diderot; le corps est plutôt comme un clavecin, avec une belle musique, mais avec des fausses notes aussi). Le sujet, c’est ce coup de dé entre l’âme et le corps.
En bref, l’humain ce n’est pas une machine bien huilée, ce n’est pas quantifiable, ce n’est pas prévisible, ce n’est donc pas évaluable.
L’humain, le sujet, l’obscur, le confus, l’inattendu, c’est irréductible.

vendredi 8 février 2008

Souvenirs des Etats-Unis

Je suis à Paris. Je suis venu pour assister au Forum des Psys qui a lieu tout le week-end à la Mutualité (voir l'article que j'ai publié il y a quelques semaines).
Dans le train j'ai regardé sur mon ordinateur des photos de mon voyage aux Etats-Unis. J'en ai retouché quelques unes, les voici. Le contraste et le grandiose de ce qu'on peut observer, en Amérique, me fascine peut-être encore plus aujourd'hui. Ce voyage continue de m'habiter, je pense de plus en plus à une prochaine expérience là bas.

San Francisco


Wyoming


New York


Wyoming


San Francisco


Nebraska

mercredi 6 février 2008

TF1, Crédit Agricole et Atarax

Voici les sauveurs du jour!
TF1 d'abord. La chaîne produit une magnifique série intitulée "Section de recherche", dont le tournage a lieu depuis quelques années à Bordeaux. J'ai eu la chance jusqu'à présent d'éviter ce genre d'expérience. Aujourd'hui, la signature de l'acte définitif pour la maison approchant, les projets étant finalement très rares sur Bordeaux en cette fin d'hiver, voilà que je vais m'occuper de la régie du prochain épisode. Quelques grands moments en perspective!
Crédit Agricole, c'est la banque qui me suit pour l'achat de mon échoppe. J'ai eu un long entretien, et j'en viens maintenant à remercier ma banque actuelle, la BNP, d'avoir rejeté mes demandes. Encore quelques jours avant sa confirmation définitive et le Crédit Agricole pourra en effet dérouler le tapis rouge annoncé hier.
Atarax, c'est un anxiolitique léger prescrit notamment pour l'urticaire. Les réponses à mes attentes de ces dernières semaines viennent de tomber, il était temps, je ne dormais plus depuis quelques jours, sujet à d'intenses démangeaisons nocturnes. Mais l'urticaire ça ne part pas du jour au lendemain, mon généraliste vient donc de me prescrire de l'Atarax. C'est une première. J'espère que cette nuit je ne serai pas à nouveau devant CNN à regarder les derniers résultats des primaires américaines.

Il me semblait important de saluer ces noms salvateurs, ces réjouissances matérielles et éphémères, dont je me satisfait volontiers aujourd'hui. Ces petites choses du monde moderne dans lequel j'évolue ne me comblent pas pour autant; un moyen de progresser vers d'autres perspectives, vers d'autres désirs, qui restent encore à définir.

Une tornade à Clinton

Il est bientôt 2 heures du mat, je regarde CNN, les résultats des primaires pour les Etats de l'est sont imminents. C'est l'effervescence sur le gigantesque plateau de CNN, sur le site de NPR (National Public Radio) et aussi sur le site du Monde.
Un petit flash vient à l'instant d'interrompre le programme de CNN, un homme devant une carte météo du pays annonce qu'une violente tornade vient d'avoir lieu sur Memphis dans le Tennessee, et sur Clinton, une ville de l'Arkansas! Ça ne s'invente pas! Les cieux seraient-ils du côté d'Obama?! Le suspens est à son comble!

lundi 4 février 2008

"Yes We Can" vs "The Can Do Spirit"

Nous sommes à 48 heures des premiers résultats du "Super Tuesday" aux Etats-Unis. Mardi les électeurs de nombreux Etats, dont les plus gros, devront se prononcer à leur tour pour désigner leur candidat à la présidentielle, au cours d'une journée déterminante dans le processus des primaires. Du côté républicain il semble que ce soit joué, John Mc Cain, 71 ans, devrait l'emporter. Du côté démocrate, tout est ouvert. Un détail: selon les derniers sondages, seul Barack Obama l'emporterait contre Mc Cain aux élections finales, en novembre.
Le slogan d'Obama "Yes we can" fut, dit-il dans ses discours, le crédo des abolitionnistes, celui des pionniers de l'Ouest, celui d'un autre président qui choisit la lune comme frontière, etc...
Dans un débat télévisé, dont je viens de voir des extraits, il est récemment revenu sur ce slogan. "Ne sous-estimez pas le pouvoir des mots. Les mots inspirent fortement les américains, ils les aident à s'engager..." En France on commence à rire, sinon à pleurer, du "Tout est possible" de Sarkozy, aux Etats-Unis le "Yes we can" de Barack Obama a je crois une portée considérable, au moment où l'Amérique se dirige peut-être vers le déclin tant annoncé. A vérifier mardi dans la nuit!
Une interview de Barack Obama diffusée sur Canal + est visible ici.


vendredi 1 février 2008

jeudi 31 janvier 2008

De l'image, du rapport entre soi et l'Autre

Je viens de voir «Zabriskie Point», un film d’Antonioni de 1970, dont une grande partie a été tournée dans le désert californien (dans la Vallée de la Mort plus exactement). Le décor est un lieu réel, un lieu que j’ai traversé en novembre dernier.
Le film me fait aussi penser à «Gerry», de Gus Van Sant, où là aussi les grands espaces constituent le décor principal.
Dans les deux films, les grands espaces sont bien plus qu’un décor, ce sont des espaces symboliques, des espaces qui sont opposés à l’homme ou à la civilisation moderne, des lieux de perditions ou des lieux d’accomplissement.

Opposer des lieux réels, que j’ai vu moi-même, à des images cinématographiques tournées dans ces lieux, me fait entamer cette réflexion, au moment où mon désir de faire des images grandit tout doucement de jour en jour, et que je commence à y répondre en faisant un peu de photographie.
Ce qui m’intéresse pour l’instant c’est l’image en tant qu’elle capte le réel, et non en tant qu’elle le reconstitue ou le déforme.
Ici, le cadre, la lumière, les différentes valeurs de plan peuvent alors mettre l’accent sur un élément, le souligner, l’isoler.
Je prends l'exemple d’un premier plan flou et d’un élément net plus à l'arrière. Là je peux montrer un élément que je ne vois pas au premier abord dans l'espace qui est devant moi, que je ne vois pas si je ne l’observe pas de manière ouverte, sans préjugés, sans oublier d’abord le fait que je suis en train de regarder.
C’est bien cela qui m’intéresse, l’image en cela qu’elle reflète ma capacité à regarder quelque chose, une chose réelle, qui existe en soi, hors de moi.

Ce disant je comprends tout à coup que ce que je vais isoler, par le cadre, la mise au point et la lumière, ce sera tout de même ce que mon œil voit. Une autre personne ne verra peut-être pas ce que je vois et isolera autre chose. L’interaction entre moi-même et ce que je regarde est donc inéluctable, l’objectivité du regard n’existe pas, ni celle, par extension, de ce que je suis en train de regarder.

Je peux faire l’analogie avec ce que j’ai traversé dans mon analyse. Je suis un peu réticent à livrer cela ici, mais je le fais, dans une intention de témoignage, j'espère sans complaisance.
Il s'agit du rapport entre moi et l'autre, l'autre étant ici celui avec lequel le désir est engagé.
Jusqu'à présent l'autre était un objet, écranté ou barré par l’image, celle que je voyais de lui, ou celle que je voyais de moi dans son regard, l’autre étant alors une réflexion de moi-même. Ou bien j'étais sous le regard de l’autre, à savoir que son regard devenait prééminent à sa présence même. D’une certaine manière il n’existait pas.
Aujourd'hui, ayant mis en lumière tout cela, l'image tombe, le regard ne domine plus, l’autre apparaît, dans son altérité, il s'incarne de manière objective, il existe en soi, pourrais-je penser d'abord.
Néanmoins je comprend, puisque je viens de constater d’une part l’évidente subjectivité du regard face à un espace, face à une image, et d’autre part l’évidente subjectivité de la chose regardée, je comprend donc que l’autre, quand enfin il existe, ne devient pas pour autant une entité abstraite, objective, une chose étrangère, toujours un peu menaçante. L'autre n'est décidément pas un objet. Ce n'est pas parce qu'il n'est plus barré par mon regard qu'il peut exister hors de mon regard. Ce n’est pas parce que son regard tombe que je peux le dissocier de son regard singulier.
L'autre existe, j'existe aussi, nous coexistons, et nos relations sont faites des compromis que chacun de nous pouvons et devons faire.

dimanche 27 janvier 2008

Images du Périgord





Je viens de passer deux jours chez des amis dans le nord de la Dordogne. Hier j'ai marché dans une campagne sublime. Un beau soleil d'hiver, une nature immobile, presque intemporelle, et un grand silence.
D'autres photos sur le lien "Paussac - Janvier 2008" dans la rubrique Photos & Vidéos.

Pour continuer l'évasion:

jeudi 24 janvier 2008

Heath Ledger et l'image du père

Hier soir j'ai continué jusque tard une nouvelle exploration du web. Je cherchais à en savoir plus sur les circonstances de la mort de Heath Ledger.
J'ai trouvé une profusion extraordinaire d'articles, de photos et de vidéos le concernant. Il n'a joué que dans dix neuf films, la plupart inconnus du grand public, et pourtant la trace qu'il laisse est impressionnante. Je ne sais si c'est un effet d'Internet, où si c'est la répercution de "Brokeback Moutain", un film dont je n'avais pas mesuré l'impact.
De manière évidente, la mort de Ledger vient aussi renforcer sa présence sur la toile. Tout à coup son destin s'inscrit dans la lignée de ceux de James Dean ou de River Phoenix, des acteurs jeunes, beaux, talentueux, fauchés à l'aube d'un parcours très probablement remarquable. Des individus qui tombent, au moment de leur ascension.
Je me suis mis aussi à penser à la petite fille de deux ans qu'il laisse derrière lui. Comment va t-elle se débrouiller cette gamine, avec un père mort dont les images ont été aussi nombreuses, avec un père connu dans le monde entier comme un cow-boy homo?!

Le frère

Photo Pascal R.

Jim au Comptoir du Jazz l'an dernier. Ben alors!!!
Merci Keronos pour la photo.

mercredi 23 janvier 2008

Zapping

Ce n'est pas facile de faire vivre ce blog, de lui donner donner une forme et une direction.
Ça pourrait être un journal intime. Ça pourrait être cet espace créatif, imaginé à l'origine de ce blog, tout au moins un espace qui me permet d'exprimer mon regard sur le monde. Ça pourrait être aussi une illustration du zapping permanent dans lequel je suis plongé, aujourd'hui que je ne travaille pas, que j'alterne sorties, moments calmes chez moi, démarches pour l'achat de la maison, écoute de l'actualité, surf sur Internet... Un zapping assez proche finalement de cette position de consommateur dans laquelle je me trouve de manière générale, comme beaucoup je crois. Il est si facile en effet de consommer, de réfléchir certes, mais de consommer, et de ne pas s'engager fortement dans une voie qui ferait de mon existence une existence qui vaut pour les autres et pour le monde. Peut-être que l'écriture, la réflexion et l'analyse suffisent néanmoins, pour rester conscient et disponible, et pour faire des choix.
En bref la liberté dont je dispose aujourd'hui me plonge un peu dans le flou, mais je souhaite continuer à m'exprimer ici, c'est comme un pari.

Aujourd'hui j'ai eu la confirmation par Meilleurtaux.com d'une offre très intéressante pour mon emprunt immobilier. Je l'ai transmise à ma banque actuelle, je suis enfin en position de négocier face à elle, et c'est une grande satisfaction. C'était loin d'être gagné, la crise que j'évoquais ici même voici quelques jours prend de l'ampleur, la bourse est en déroute, les valeurs bancaires plongent, et les banques sont encore plus frileuses.
Encore quelques jours néanmoins et je pourrai choisir ou pas de rester avec ma banque, et lancer enfin la demande définitive d'emprunt. Cette fois je vais pouvoir donner mon préavis pour la maison que je loue actuellement et commencer les cartons. J'ai déjà entamé le boulot, la première étape du déménagement c'est de déterrer les plantes de mon jardin! Un acte plein de sens pour moi. Une nouvelle maison c'est aussi un nouveau jardin.

Dans l'actualité ce sont deux décès et un anniversaire qui retiennent mon attention.

Louis de Cazenave, l'un des deux derniers poilus, est mort la semaine dernière. Maintenant il ne reste plus qu'un seul survivant de la première guerre mondiale.
Je m'interroge sur le symbole que représente la mort de cette homme. Un symbole de l'Histoire, mais d'une histoire de plus en plus lointaine, et un symbole de la guerre, toujours actuelle. C'est aussi, à nouveau, l'histoire d'un individu qui s'efface, devant le symbole qu'il représente. Un homme dont on ne sait rien, hormis sa qualité d'ancien soldat et d'ultime survivant.

Pour finir, je souhaiterais faire le parallèle entre la mort de Heath Ledger et l'anniversaire de Jeanne Moreau.
Heath Ledger, l'acteur australien qui joua l'un des deux cows boys de "Brokeback Mountain", a été retrouvé mort dans son appartement new-yorkais. Il était nu, il y avait des médicaments près de son lit.
Il avait 28 ans.
Je passe sur les images trouvées sur Internet montrant des dizaines de photographes massés en bas de son immeuble hier soir, et du spectacle de sa dépouille chargée sous les flashs dans un camion mortuaire.
Heath Ledger et Jake Gyllenhaal, Ennis et Jack, m'avaient transporté dans le film d'Ang Lee. Leur beauté et l'impossibilité de leur amour était d'un romantisme tragique.

Au même moment, aujourd'hui même, Jeanne Moreau fête ses 80 ans. Son anniversaire est notamment célébré au festival "Premiers Plans" d'Angers, le festival des jeunes talents. Une Théma lui est consacrée sur Arte. De sa voix si singulière, elle s'exprimait ce soir en direct sur son parcours, sur ses 60 ans de cinéma.

Quelques destins s'entrechoquent ainsi dans les journaux et le fossé qui les sépare me laisse perplexe.

jeudi 17 janvier 2008

Une expo à Bordeaux

Alfred Smith, "Les quais de Bordeaux le soir",1892

Jusqu'au 6 avril a lieu cette expo "Peinture et société au temps des Impressionnistes", au musée des Beaux Arts. Des oeuvres d'Alfred Smith et Alfred Roll essentiellement. Je ne connaissais ni l'un ni l'autre. J'ai bien aimé Alfred Smith.

mercredi 16 janvier 2008

Barack Obama, à 9 mois de la présidentielle

Je suis en train de regarder une nouvelle émission consacrée aux primaires américaines, dont je suis les rebondissements avec une attention particulière depuis mon séjour aux Etats-Unis.
Pour ceux qui ne seraient pas au courant, depuis quelques semaines Obama est remonté au niveau d'Hillary Clinton dans les chances d'emporter l'investiture du camp démocrate. En écoutant les commentaires, je me replonge dans mon voyage, et certains souvenirs de choses que j'avais pu observer ressurgissent.
Quelques chiffres: depuis vingt ans, seuls deux noms ont occupé le siège de la Maison Blanche, Bush et Clinton (Bush père de 1988 à 1992, Bill Clinton de 1992 à 2000, Bush fils depuis 2000). Ainsi les jeunes électeurs, dont la proportion est beaucoup plus élevée qu'en France, n'ont connus que ces deux noms à la tête de leur pays. Face à Hillary Clinton, Obama sur ce point semble avoir toutes les chances d'incarner le changement auquel les américains aspirent après Bush. Et le premier souvenir c'est ce meeting d'Obama à New York auquel je m'étais rendu en septembre, j'avais été très impressionné par l'écrasante majorité des moins de 35 ans présents dans la foule.
La remontée d'Obama s'est confirmée avec sa victoire dans la première primaire, celle de l'Iowa, un Etat dont la population est majoritairement blanche. Là aussi j'avais été surpris, après avoir traversé cet Etat agricole, aux petites villes affichant partout la bannière étoilée et des slogans patriotiques, de trouver dans la bourgade de Muscatine, située au bord du Mississipi et à la frontière du Nebraska, une permanence très active préparant la campagne d'Obama.
Mon amie Bunny à New York me disait cette semaine par mail qu'elle se moque de savoir qui de Clinton ou d'Obama va remporter les primaires chez les démocrates, l'important pour elle c'est de voir tomber les républicains. Je me demande pourtant si Obama n'est pas une chance plus grande pour le pays. Il ne s'agit pas de ses orientations politiques, elles ne sont pas très éloignées de celles d'Hillary Clinton, il s'agit du symbole qu'il représente.
Cet homme de 46 ans, qui n'est pas porteur de l'histoire de l'esclavage (son père est kenyan, sa mère est du Kansas) mais qui n'en reste pas moins un noir, est un exemple extraordinaire du multiculturalisme américain, dont je n'avais d'ailleurs pas saisi l'ampleur et la richesse avant de me rendre sur place.
Je me souviens aussi avoir croisé pas mal de gens qui me disaient avoir maintenant honte d'être américains. Obama représente peut-être ceux qui aujourd'hui assument cette Amérique diverse et complexe, plus sociale et moins impérialiste, et son élection serait en soi une évolution déterminante.
A neuf mois de la présidentielle, face à Clinton campée sur le thème de son expérience, face aux républicains plombés par l'héritage de Bush et la crise économique, il semble bien que Barack Obama soit le candidat d'un nouveau rêve américain.
La prochaine primaire c'est samedi dans le Nevada. Apparemment le syndicat majoritaire des industries du tourisme de Las Vegas a appelé à voter pour Obama.
Site Officiel Obama'08
A consulter également le blog de la correspondante du "Monde" aux USA depuis 2002, Big Picture

Je me dis ce soir que je retournerais bien aux Etats-Unis en novembre, au moment de l'élection finale. Cette fois je pourrais peut-être y faire un film, un an après le voyage qui a transformé l'image que j'avais de l'Amérique, à un moment où le pays sera peut-être en train de basculer dans une nouvelle page de son histoire.

"Obama's got charisma and Hillary's got the blues..."!

Une belle route de campagne


L'intermittence et la crise financière internationale

L'obtention d'un crédit immobilier, pour cette échoppe que je souhaite acquérir, commence à ressembler à un feuilleton.
J'avais compris dès le départ que les marges de négociations seraient pour moi assez réduites. Je sais que les banques sont frileuses face à un intermittent, et bien sûr je ne peux garantir à personne des revenus réguliers à long terme. Mais après tout, dans l'absolu, tout salarié en CDI peut être licencié à n'importe quel moment. Je pensais aussi qu'au vu de mon dossier (avis d'imposition de ces dernières années, salaires en 2007, taux d'endettement) je n'aurai pas trop de soucis.
Je viens pourtant d'essuyer plusieurs refus, parfois avant même d'avoir pu présenter les éléments de mon dossier, sous le seul prétexte que je suis intermittent. C'est un peu l'impasse. Mon dernier espoir c'est Meilleurtaux.com, je viens de monter un dossier avec l'un de leurs agents à Bordeaux. S'il trouve une banque plus conciliante et moins chère, j'ai peut-être des chances de faire baisser le taux de ma banque. Car si celle-ci accepte de m'accorder un crédit, elle vient d'augmenter le taux d'emprunt dans sa dernière offre, parce que je n'ai pas encore transmis d'offre concurrentielle sérieuse et officielle.
Sous le conseil d'un ami, et parce que l'on vient d'entendre parler de l'organisme dans l'actualité, je viens de contacter la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité). Je suis tombé sur quelqu'un de très compréhensif mais sa réponse n'en était pas moins claire, le statut professionnel n'est pas, au niveau de la loi, un critère discriminatoire, et la Halde ne peut donc intervenir.
J'ai également entendu aujourd'hui à la radio que la conjoncture du crédit est très tendue. La crise du crédit immobilier aux Etats-Unis, due au fait que les banques ont jusqu'à présent prêté trop facilement à des ménages modestes et au final non solvables, a provoquée une baisse de leurs liquidités, puis par voie de conséquence une dépréciation de leurs capitaux sur les marchés boursiers. Les banques ont ainsi elles-mêmes des difficultés à emprunter, et vont être de plus en plus sélectives pour accorder des crédits.
C'est assez curieux, je me retrouve directement concerné par les abus d'un système bancaire, et par une conjoncture financière internationale sur le fil.

Alors que je commençais à m'habituer à l'idée de m'investir dans cette nouvelle maison, avec une excitation grandissante d'ailleurs, je traverse donc une période d'attente et d'incertitude, c'est assez énervant.

Heureusement, l'hiver touche à sa fin et ça c'est un élément positif, les projets de films commencent à revenir dans la région. La commission du film d'Aquitaine est confiante, les techniciens bordelais devraient connaître une nouvelle année avec de nombreux tournages.

samedi 12 janvier 2008

vendredi 11 janvier 2008

Le combat des psys lacaniens

Quelques jours après avoir mentionné ici même la "politique de civilisation" de Sarkozy, j'entends le président sortir la carte de l'évaluation des ministres. Cela m'apparaît comme une dissonance, voire une contradiction, une incohérence en tout cas. Envisager une politique sanctionnée par l'évaluation et par le résultat, est autant une menace pour le groupe d'hommes que nous formons et qui vivons ensemble, que pour chacun d'entre nous, êtres singuliers. Si la prochaine civilisation c'est celle qui fera de nous des êtres déshumanisés et formatés, devant répondre à des critères arbitraires et devant fournir des résultats, le combat des lacaniens n'a sans doute jamais été autant à l'ordre du jour. Il en va je crois de notre liberté.
Consultez le site du Forum des psys pour plus de détails sur le prochain rassemblement, et pour bien d'autres informations.

jeudi 10 janvier 2008