Hier j’ai fait l’aller-retour à Plazac, le village de mon enfance. Madame Lafon y était enterrée. Elle est morte mardi, elle allait avoir 86 ans.
Quand mes parents arrivent en Dordogne en décembre 1974, Monsieur et Madame Lafon sont leurs plus proches voisins. Ils habitent en haut de la colline. Ce sont des paysans, ils ont des terres, des animaux.
En février 1975 Madame Lafon vient me voir à la maternité, et durant toute mon enfance et mon adolescence, je monte souvent pour voir «Mayon» et Marcel. Je nourris avec elle les lapins, je la regarde gaver les canards, je joue avec ses jumelles posée sur la table du salon. Mon frère et moi rejoignons parfois Marcel le soir quand il vient chercher ses moutons dans les prés.
La dernière fois que je suis allé leur faire une visite c’était en avril.
Hier, après être passé à leur maison pour me recueillir auprès du corps sans vie, reposant tel une poupée de cire, je suis le cortège jusqu’au village. Il y a beaucoup de monde. Le corbillard monte la côte qui mène à l’église, le cercueil est sorti du véhicule.
Il fait très chaud. Seul le crissement des graviers sous les pas de la foule vient troubler un grand silence.
La cérémonie est émouvante. Un jeune prêtre chante, entouré d’un petit chœur composée de vieilles dames aux voix fragiles. A la fin de la cérémonie, c’est tout le village qui vient bénir et faire le tour du cercueil. Je reconnais d'autres figures de mon enfance, la fille de la dame chez qui j’allais chercher le lait, le propriétaire du lac argileux d’à côté, les Anglais qui ont racheté la maison où est né Marcel, la secrétaire de la mairie, le boulanger…
Tout le monde sort lentement de l’église. On traverse l’ancien cimetière, dont mon père avait restauré les murs, on arrive devant le tombeau. Le nouveau cimetière surplombe le village et la vallée.
Marcel, décomposé, en pleurs depuis le début, est assis sur une vieille chaise devant le tombeau ouvert, quelqu’un tient une ombrelle au dessus de sa tête découverte, il ne porte pas son béret.
Le soleil m’aveugle, les chuchotements des gens et le souffle chaud d’une brise légère m’enveloppent, mon regard se perd au loin.
vendredi 29 août 2008
mercredi 13 août 2008
Intermittence et itinérance.
Quatre jours depuis mon retour à Bordeaux. Je tourne un peu rond. Bordeaux est vide. Les amis sont en vadrouille. Je ne suis pas vraiment fatigué mais je manque d'énergie pour partir sur autre chose que le travail. Le désir est assoupi, l'inspiration est floue.
On me propose un long métrage avec Béatrice Dalle, des cours de production dans une nouvelle faculté à Ouarzazate, et aujourd'hui c'est une production bolywoodienne qui m'appelle. Ils voulaient que je démarre demain. J'ai réfléchi pendant deux heures, il y a un mois de tournage prévu dans toute l'Aquitaine avec 55 indiens qui débarquent à la fin du mois. J'ai accepté et je commence la semaine prochaine. Je ne tournerai plus en rond, je tournerai tout court.
Je fais le choix d'enchaîner. Est-ce vraiment un choix? Ça devrait néanmoins me permettre d'arrêter de travailler tout l'hiver. J'envisage une nouvelle traversée des Etats-Unis, toujours d'Est en Ouest, mais par le sud cette fois.
Toujours l'itinérance. En attendant de construire. Pour tenter une autre aventure, peut-être moins intérieure.
Les attentes deviennent plus fortes de jour en jour. C'est un peu long parfois.
On me propose un long métrage avec Béatrice Dalle, des cours de production dans une nouvelle faculté à Ouarzazate, et aujourd'hui c'est une production bolywoodienne qui m'appelle. Ils voulaient que je démarre demain. J'ai réfléchi pendant deux heures, il y a un mois de tournage prévu dans toute l'Aquitaine avec 55 indiens qui débarquent à la fin du mois. J'ai accepté et je commence la semaine prochaine. Je ne tournerai plus en rond, je tournerai tout court.
Je fais le choix d'enchaîner. Est-ce vraiment un choix? Ça devrait néanmoins me permettre d'arrêter de travailler tout l'hiver. J'envisage une nouvelle traversée des Etats-Unis, toujours d'Est en Ouest, mais par le sud cette fois.
Toujours l'itinérance. En attendant de construire. Pour tenter une autre aventure, peut-être moins intérieure.
Les attentes deviennent plus fortes de jour en jour. C'est un peu long parfois.
dimanche 10 août 2008
Le retour
Retour à Bordeaux depuis hier. Je viens de trier les dernières photos du tournage et de l'équipe (voir lien "Ivul" dans la rubrique Photos).
Je suis finalement assez triste d'avoir quitté l'Ariège et le petit monde que nous formions là bas. Je n'avais pas rencontré de gens aussi agréables depuis longtemps. Des gens humbles, ouverts, créatifs, et dans l'ensemble plutôt heureux. L'aventure humaine a bien eu lieu. Ça me donne des envies.

L'équipe régie du film!
Je suis finalement assez triste d'avoir quitté l'Ariège et le petit monde que nous formions là bas. Je n'avais pas rencontré de gens aussi agréables depuis longtemps. Des gens humbles, ouverts, créatifs, et dans l'ensemble plutôt heureux. L'aventure humaine a bien eu lieu. Ça me donne des envies.
vendredi 8 août 2008
Une production décevante
Le tournage d'Ivul s’est terminé hier. Ce soir c’est la fête de fin de tournage, organisée par un ami du réalisateur, qui lui aussi vit en Ariège depuis une vingtaine d’années. Nous serons perchés tout en haut du montagne, il y a dix kilomètres d’une toute petite route raide et sinueuse pour accéder à la propriété. Sur la montagne d’en face se dresse le château de Montségur, un vestige cathare.
Je suis content de renter à Bordeaux demain, après ces six semaines d'itinérance à travers les Pyrénées.
Mercredi soir en amenant la coproductrice suisse du film à l’aéroport, le malaise que je ressens depuis quelques temps a trouvé des réponses.
Depuis le début les producteurs ont mis en avant la singularité du projet sur lequel ils nous engageaient. Effectivement le scénario est très beau, poétique, étrange. Le réalisateur est souvent à la limite du documentaire et de l’expérimentation. Il ne donne que très peu d'indications de jeu aux acteurs, mise sur un rapport très intime qu’il a établi avec eux, sur la liberté qu’il leur donne. Ça donne des choses qui ne sont pas toujours lisibles.
Pour toutes ces raisons, le financement du film est extrêmement restreint.
Ainsi l'équipe a accepté des conditions difficiles, parfois limites, parce que le projet était à ce point singulier, sensible, parce que l'enjeu ici c'était de s'engager dans une aventure humaine et participer à la réalisation d'un rêve, un rêve qui prenait enfin réalité.
En observant le comportement de la production envers le réalisateur et l’équipe au fur et à mesure de l’avancement du tournage, et depuis cette conversation avec la coproductrice, j’ai compris cependant que nous avions été complètement floué.
Les producteurs, qui connaissent pourtant parfaitement le cinéma du réalisateur, émettent aujourd’hui des doutes sur son travail. Ils vont lui mettre la pression pendant le montage, pour que le film conserve une narration lisible, pour que le film soit « accessible ». Pour qu’il rapporte de l’argent ?!
Je suis content de renter à Bordeaux demain, après ces six semaines d'itinérance à travers les Pyrénées.
Mercredi soir en amenant la coproductrice suisse du film à l’aéroport, le malaise que je ressens depuis quelques temps a trouvé des réponses.
Depuis le début les producteurs ont mis en avant la singularité du projet sur lequel ils nous engageaient. Effectivement le scénario est très beau, poétique, étrange. Le réalisateur est souvent à la limite du documentaire et de l’expérimentation. Il ne donne que très peu d'indications de jeu aux acteurs, mise sur un rapport très intime qu’il a établi avec eux, sur la liberté qu’il leur donne. Ça donne des choses qui ne sont pas toujours lisibles.
Pour toutes ces raisons, le financement du film est extrêmement restreint.
Ainsi l'équipe a accepté des conditions difficiles, parfois limites, parce que le projet était à ce point singulier, sensible, parce que l'enjeu ici c'était de s'engager dans une aventure humaine et participer à la réalisation d'un rêve, un rêve qui prenait enfin réalité.
En observant le comportement de la production envers le réalisateur et l’équipe au fur et à mesure de l’avancement du tournage, et depuis cette conversation avec la coproductrice, j’ai compris cependant que nous avions été complètement floué.
Les producteurs, qui connaissent pourtant parfaitement le cinéma du réalisateur, émettent aujourd’hui des doutes sur son travail. Ils vont lui mettre la pression pendant le montage, pour que le film conserve une narration lisible, pour que le film soit « accessible ». Pour qu’il rapporte de l’argent ?!
mardi 5 août 2008
Méditerrannée
Nouvelle escapade ce week end, à l'autre extrémité des Pyrénées cette fois, près de Collioure.
Reprise du travail sur "Ivul" hier, toujours à Fougax et Barrineuf. Plus que trois jours de tournage maintenant. Jusqu'au bout la production aura tiré sur la corde, bien plus que je ne pouvais l'imaginer. Je compte les heures avant le retour à Bordeaux, chez moi, et ce malgré le soutien et les encouragements du réalisateur. Ce soir nous tournons la dernière séquence du film. Alex, l'adolescent qui a fuit sa famille pour vivre dans les arbres, termine son aventure dans une caravane perchée au milieu des arbres. Cette nuit la caravane va s'embraser.
vendredi 1 août 2008
mardi 29 juillet 2008
Fougax et Barrineuf
Je suis depuis dimanche dans ce petit village au fin fond de l'Ariège. Après une petite pause, le tournage d'Ivul reprend ce soir. Nous ne sommes plus les uns sur les autres, mais dans des gîtes. Le mien s'appelle "A l'orée du bois", un ruisseau coule pas loin. L'ambiance est plus détendue, je suis bien plus occupé. Dommage que la production et la mise en scène persistent à demeurer dans l'improvisation.
L'endroit me plaît. J'ai passé la nuit à rêver qu'on me faisait de grandes déclarations d'amour.
mercredi 23 juillet 2008
Le jardin
mardi 22 juillet 2008
Biarritz
samedi 19 juillet 2008
vendredi 18 juillet 2008
vendredi 11 juillet 2008
Insatisfactions
Huit jours depuis mon dernier passage sur ce blog.
Je déchante et je m'ennuie.
Le tournage d'Ivul se déroule tranquillement, dans ce vieux manoir cerné de champs de maïs. C'est l'unique décor de notre séjour en Pyrénées Atlantiques, ce qui veut dire rien à faire pour un régisseur, hormis l'intendance de l'équipe, toute petite par ailleurs. Certes ce qui se passe devant la caméra c'est beau, c'est poétique, cinématographique, ça me parle. Mais je ne peux suivre cela que de loin, car je suis loin, finalement, en tant que régisseur, de tous ces moments magiques où les comédiens, le décor et la lumière entrent en scène pour s'imprimer sur la pellicule.
Et puis c'est un peu du 24/24 sur ce tournage. Le plan de travail est bizarrement foutu, on est au manoir toute la journée, avec des pauses de plusieurs heures parfois. On se retrouve ensuite tous ensemble autour de la table, ici dans le jardin, ou au lycée d'Orthez où l'on dort. Film d'auteur, petit budget, conditions court-métrage, ambiance colonie de vacances. Promiscuité constante, intimité réduite.
Donc que ce soit TF1 ou "Ivul", je reste insatisfait.
Je suis caché dans le bureau de Thaïs, une des seules pièces du manoir laissée aux propriétaires. C'est ici que je peux aller sur Internet, rester en contact avec le reste du monde, même si cette fois je n'oublie pas qu'il existe, ce monde, peut-être pas assez d'ailleurs, alors que je devrais faire des efforts pour m'ouvrir un peu plus à l'équipe.
Quelques photos des comédiens du film. Je n'arrive pas à faire autant de photos que je voudrais, manque de motivation, d'objectifs. Ça je vais y travailler dès que possible.


Je déchante et je m'ennuie.
Le tournage d'Ivul se déroule tranquillement, dans ce vieux manoir cerné de champs de maïs. C'est l'unique décor de notre séjour en Pyrénées Atlantiques, ce qui veut dire rien à faire pour un régisseur, hormis l'intendance de l'équipe, toute petite par ailleurs. Certes ce qui se passe devant la caméra c'est beau, c'est poétique, cinématographique, ça me parle. Mais je ne peux suivre cela que de loin, car je suis loin, finalement, en tant que régisseur, de tous ces moments magiques où les comédiens, le décor et la lumière entrent en scène pour s'imprimer sur la pellicule.
Et puis c'est un peu du 24/24 sur ce tournage. Le plan de travail est bizarrement foutu, on est au manoir toute la journée, avec des pauses de plusieurs heures parfois. On se retrouve ensuite tous ensemble autour de la table, ici dans le jardin, ou au lycée d'Orthez où l'on dort. Film d'auteur, petit budget, conditions court-métrage, ambiance colonie de vacances. Promiscuité constante, intimité réduite.
Donc que ce soit TF1 ou "Ivul", je reste insatisfait.
Je suis caché dans le bureau de Thaïs, une des seules pièces du manoir laissée aux propriétaires. C'est ici que je peux aller sur Internet, rester en contact avec le reste du monde, même si cette fois je n'oublie pas qu'il existe, ce monde, peut-être pas assez d'ailleurs, alors que je devrais faire des efforts pour m'ouvrir un peu plus à l'équipe.
Quelques photos des comédiens du film. Je n'arrive pas à faire autant de photos que je voudrais, manque de motivation, d'objectifs. Ça je vais y travailler dès que possible.
jeudi 3 juillet 2008
Un film à la campagne

4ème jour de préparation à Sault de Navaille, le tournage commence lundi.
Au fil des heures, au fur et à mesure de l’arrivée des techniciens, le manoir de la Comtesse de Lambert des Granges s’est tout doucement transformé en la demeure de la famille Ivul, dont l'histoire est contée dans le film. Une grande partie des pièces ont été décorées : il y a la chambre des parents, celle de Freya la fille aînée, celle d’Alex son frère qui fuit dans les arbres, une chambre pour les petites jumelles, la salle de réception, le bureau du père, un fumoir à l’origine, rempli maintenant d’objets insolites ramenés d’Angleterre par Andrew le réalisateur. Dans la chambre de Freya, la décoratrice a accroché une photo de Thaïs, la comtesse, prise lorsqu’elle avait 18 ans. C’est un portrait en gros plan, elle fume une cigarette, la photo est jaunie, on dirait une actrice de cinéma…
A l’arrière du bâtiment, dans une ancienne cuisine, nous avons installé la régie ; d’habitude c’est l’endroit où Thaïs fait ses confitures avec son employée. C’est le seul endroit à priori où Andrew n’a pas prévu de poser une caméra. L’équipe s’y retrouve régulièrement, c’est un peu notre endroit de retraite, à l’écart du tournage, à l’écart des appartements de M. Mme de Lambert. Nous avons un accès direct à la cour arrière du manoir, là où tout le monde arrive ; c’est un endroit stratégique. Hier soir nous étions déjà 13 autour de la table, Thaïs est venue partager notre buffet, Emily, l’assistante de prod, a lu tout haut un article paru dans Sud-Ouest il y a quelques semaines, un article qui indiquait à quel point la comtesse était heureuse de cette expérience dans les coulisses du cinéma !
Je ne serai jamais débordé sur ce film, nous serons 25 personnes au maximum, nous n’avons que deux décors ici près d’Orthez, et les deux semaines prévues en Ariège ensuite ne sont pas non plus très compliquées à organiser.
C’est presque perturbant. D’autant plus que l’ambiance qui s’installe ici me rappelle pas mal de souvenirs d’enfance à la campagne, où encore des sensations ressenties lors de mes premiers courts-métrages. C’est perturbant mais c’est bien ce que j’étais venu chercher en acceptant de travailler sur ce film. Je discute souvent avec le réalisateur et la productrice. Il s’agit bien cette fois d’un échange d’expériences, personnelles et professionnelles, avec pour tous le même désir de cinéma, le même désir de faire d’«Ivul» un film qui nous concerne.
mardi 1 juillet 2008
Le jour se lève
Insomnie ce matin, j'ai fait des photos entre 5H30 et 6H40, heure à laquelle le soleil s'est levé. Nous sommes au beau milieu de nulle part, en train de préparer le manoir de Sault de Navaille pour en faire la demeure "Ivul".
Le jour se lève à plus d'un titre, je renoue avec ce qui m'avait transporté lors de mes premiers tournages. C'est une certaine magie qui entre à nouveau en jeu.
vendredi 27 juin 2008
Vaille que vaillle
jeudi 26 juin 2008
lundi 23 juin 2008
TF1, la machine infernale
2001, première saison de Star Academy sur TF1. 2008, tournage à Arcachon de la saison 2 de la série "Section de Recherches", diffusée sur TF1 à l'automne prochain. Jean-Pascal, "JP", est depuis 7 ans une figure de la chaîne.
Au delà, la rencontre avec le personnage est une bonne surprise. Étonnamment, il n'est pas la caricature que j'imaginais, celle du jeune minet un peu bête propulsé dans une célébrité artificielle par la télé réalité. Son cheminement est marqué par cette expérience mais il exprime une volonté sincère de s'accrocher à autre chose, et fait preuve d'une auto-dérison constante.
Cette icône là a semble t-il gardé les pieds sur terre, et n'a pas été écrasé par la machine TF1, celle qui fabrique du temps de cerveau disponible pour la publicité.
Ceci étant, à l'inverse de Jean-Pascal, à l'issue du tournage, je suis moi-même complètement vidé.
Le rythme des journées est frénétique, il faut fournir des efforts gigantesques pour obtenir dans un temps record des décors de toute sorte, des autorisations de tournage, du personnel, du matériel, etc... Il faut répondre aux demandes les plus absurdes, souvent contredites le lendemain, quand ce n'est pas l'heure suivante.
Lorsque le réalisateur hurle "Moteur" et insiste sur le nombre de minutes utiles qu'il doit réaliser tous les jours, lorsque les relations entre les membres de l'équipe deviennent mécaniques, strictement réduites aux échanges professionnels, je ne peux me tromper sur l'objet de notre présence à tous sur le plateau: la fabrication d'un produit télévisuel.
Un produit qui doit répondre à des standards très précis, que ce soit au niveau du scénario, du casting ou de l'image, un produit qui a une date de livraison au siège de la chaîne, un produit qui doit faire de l'audience pour attirer les annonceurs et augmenter les recettes des écrans publicitaires.
Je ressens cela chaque jour, quand je parle mal à mes assistants, quand je manque d'énergie pour essayer de connaître un peu mieux une autre personne du tournage, ou quand je réalise que je n'ai pas une seconde pour autre chose que cette course folle dans laquelle je suis engouffré, où tout ce qui m'anime c'est répondre à l'urgence et toucher à la fin de chaque semaine un gros salaire.
C'est tout cela que je ne supporte plus tout à coup. Je veux bien continuer à me battre pour des films au rythme éprouvant, mais il faut qu'il y ait un peu plus de substance au bout du compte. Au diable le confort des relations mécaniques et les gros sous!
Je viens de commencer aujourd'hui la préparation d'un petit long-métrage écrit et réalisé par un anglo-russe. Un sorte de conte fantastique, l'histoire d'un jeune adolescent qui décide de quitter les terres de sa famille, pour vivre dans les arbres. Un jeu de points de vue.
Je pars à la fin de la semaine pour cinq semaines de tournage près d'Orthez et en Ariège. Une petite équipe. Peu de décors. Pas de budget. Les salaires de chacun réduits à près de la moitié du salaire syndical.
L'occasion de vérifier qu'un engagement professionnel pour une oeuvre artistique peut nourrir son homme. L'occasion surtout de recadrer un peu mon parcours et d'assumer des ambitions.
samedi 14 juin 2008
lundi 9 juin 2008
La régie dans la forêt
dimanche 8 juin 2008
Good luck Barack!
vendredi 6 juin 2008
dimanche 1 juin 2008
samedi 31 mai 2008
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